Corret Katharine


Corret Katharine (1902-1944)
Tzigane morte en déportation

Katharine Corret, née Stéphan, est enregistrée dans les listes de déportés de la Seconde Guerre mondiale comme née à Lorient le 12 février 1902. Sa naissance n’est pas mentionnée dans les registres d’état-civil de Lorient ou de Keryado.

Elle est arrêtée dans le Nord-Pas-de-Calais par l’occupant allemand et les autorités françaises en appoint, comme les autres Tziganes installés dans cette région. Les départements du Nord et du Pas-de-Calais dépendent alors du Haut commandement militaire allemand de Bruxelles. Si le décret d’Himmler du 16 décembre 1942 ordonne la déportation à Auschwitz des Tziganes présents sur le territoire du Reich, elle est élargie à ceux présents sur les territoires du Nord de la France, de Belgique et des Pays-Bas, à partir du 29 mars 1943. Ainsi, les nomades stationnés dans ces deux départements français sont les seuls en France à être déportés de façon collective. Les rafles de Tziganes commencent, dans les deux départements français, à l’automne 1943. Sur leurs campements, leurs biens sont confisqués et spolié comme pour les juifs.

Comme les juifs de cette région, ils sont internés au camp de Malines (caserne Dossin) en Belgique. Puis la décision est prise de les déporter. Ainsi, le 15 janvier 1944, 351 personnes dont 145 Français, 109 belges, 20 norvégiens et 18 hollandais, sont déportés vers le KL d’Auschwitz dans le convoi Z (Z pour Zigeuner = Tsigane). Katharine, sous le matricule Z-344, monte dans ce train composé de 75 % de femmes et d’enfants de moins de 15 ans. Dans chaque wagons, à peu près 50 personnes sont entassées. Durant le trajet, plusieurs arrêts ont lieu. À certains d’entre eux, les portes des wagons s’ouvrent et les personnes sont conduites, dans des salles pour quelques heures, et déshabillées, peut-être, comme dit un rescapé pour qu’il ne puisse pas s’enfuir comme ça.

Arrivée à Auschwitz le 17 janvier, Katharine est identifiée sous le matricule tatoué sur l’avant-bras gauche, Z-9855.

Rassemblés dans le Zigeunelager également connu sous le nom de camp des familles, les Tsiganes ne subissent pas de sélection à leur arrivée au camp. Ils n'étaient pas tondus comme tous les autres. Ils conservaient leur vêtements. Si comme les autres, ils vont subir la faim et les maladies, ils ne sont pas envoyés au travail forcé. Les autres déportés peuvent les voir comme des privilégiés. Pourtant, la volonté allemande étant de mettre fin à l’existence de cette population, les femmes subissent également des traitements de stérilisation. Les enfants sont marqués du sigle matériel de guerre et utilisés par le docteur Mengele pour procéder à des expérimentations.

Le 16 mai 1944, alertés de la liquidation du Familien Zigeunerlager, une vaine résistance éclate dans ce camp où face à une soixante de SS armés de mitraillettes, les Z refusent de sortir des baraquements et tentent d'empêcher les entrées. Les SS abandonnent alors. Sur les 23 000 du camp, il en reste alors environ 6 000. Plusieurs d'entre eux sont transférés à Buchenwald ou encore Ravensbrück pour intégrer des kommandos de  travail.
Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, tous les survivants restant du camp des familles, principalement des femmes, des enfants et des vieillard, sont gazés. Le chiffre le plus précis est de 2 897 Roms alors que le mémorial d'Auschwitz porte, en 2019, le nombre de victimes à 4 300 suite à des travaux d'historiens

Le nombre de morts Tziganes tués par les Allemands est difficilement quantifiable. À ce jour, il est estimé à la moitié de la population tzigane d'Europe, de 300 000 à plus de 500 000 personnes selon. Dans certains pays, c'est plus de 80 % d'entre eux qui sont tués.

De ce convoi Z du 15 janvier 1944, seulement 32 survivants reviennent des camps de la mort : 21 hommes et 13 femmes. À ce convoi, s’ajoute un seul autre convoi de déportation collective de Tziganes, celui du 19 mai 1944 au départ de Westerbork (Pays-Bas).

La française Katharine Corret décède le 12 mars 1944 à Auschwitz.

https://www.memorialdelashoah.org
http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/deportations.html
https://journals.openedition.org/tsafon/2153?lang=en
https://carto.ville-roubaix.fr/portal/sharing/rest/content/items/2d0ee8c6c1cf45b5990671febe72c049/data
https://editionstiresias.com/produit/des-tsiganes-vers-auschwitz/

http://memorialdesnomadesdefrance.fr/16-mai-1944-linsurrection-dauschwitz/

Retour en haut