Cuissard Caroline


Caroline Cuissard (1882-1948)
Mareyeuse

Caroline Coste est la veuve de Jean Cuissard.
Caroline naît à Saint-Étienne le 6 juin 1882. Son père, Jacques Coste qui commence à travailler à la mine, devient poissonnier à Saint-Étienne. Caroline Coste (épouse Cuissard) est mareyeuse et fondatrice des Merlus (FCL).
Son père qui travaille à la mine de charbon à Saint-Étienne, se convertit dans le commerce du poisson. Caroline prend la succesion de son père et vend du poisson dans la cité du Forez avec son époux. Elle ouvre dans les années 1920 un étal de poisson aux halles de Saint-Étienne qu'elle tient avec son mari Jean Cuissard. Son principal fournisseur de poisson, est un couple de lorientais. Ils sont âgés et n'ayant de repreneur, il propose à Caroline de leur succéder. Bien qu'elle n'a pas les fonds nécessaires, ils souhaitent qu'elle reprenne l'entreprise et acceptent des arrangements pour régler la succession à la tête de l'entreprise. Elle vient s'installer à Keroman et crée l'armement Cuissard avec son fils Joseph (époux de Marie Louise Camenen).

Comme d'autres armateurs, les Cuissard envoient dans l'entre-deux guerre des chalutiers au Pays-de-Galles afin de se ravitailler en charbon et en profite pour charger les bateau de viandes congelées à vendre.L'armement Cuissard aura plusieurs chalutiers dont le Grimenco, le Dauphin mais aussi le Laïta plus connu sous le nom du bateau du Père Noël (pour en savoir plus sur le bateau du Père Noël) qui apportera aux Lorientais éprouvés par la guerre, 18,5 tonnes de cadeaux pour le Noêl de 1948. Au plus fort, à la fin des années 1950, l'armement possède jusqu'à huit chalutiers

Parallèllement à leur magasin de marée et à leur armement Cuissard, la famille a une passion qui ne cessera de l'animer : le football. Avec plusieurs mareyeurs installés à l'Estacade, Caroline Cuissard crée en 1925, une équipe corporative de football « La Marée Sportive. » L’emblème du club est un poisson : le grondin.
Le succès de l'équipe est au rendez-vous aussi Caroline Cuissard et Joseph, son fils, décident d’aller plus loin en transformant le club corporatif en club amateur. Dans l’arrière-salle du café Éon (rue Carnot) le 2 avril 1926, la décision est prise : le Foot-ball Club de Lorient est né avec la rédaction de statuts. Les statuts sont signés par Jean Cuissard, le 4 avril 1926 : L'association du FCL a pour but la pratique des sports et le développement physique et moral de ses adhérents, préparant au pays des hommes robustes et créant entre ses membres des liens d'amitié et de bonne éducation. Jamais la grand-mère Cuissard apparaît sur les documents mais c'est dans les faits, elle qui dirige le club.

Le grondin laisse place au merlu, pas seulement parce qu'il est jugé plus noble mais également parce qu’il est l’un des plus vendus en Bretagne. Caroline Cuissard met alors à la disposition du club une propriété qu’elle possède au coeur de la ville, et par soucis d'économie, offre des vieux filets de chalut en guise de filets de but.

Toute la famille est impliquée dans le club au point qu'il sera parfois surnommé le Famille Cuissard Lorient. Le maillot à damiers aux couleurs tango (orange) et noir, serait du à Charlotte Cuissard, une fille de Caroline, remplaçant ainsi le maillot bleu de La Marée Sportive : le jour de la création du club, elle aurait porté un pull aux couleurs tango et noir tricoté par elle même. Charlotte épousera Jean Nioche, joueur et futur capitaine du FCL. Roger Goujon, joueur et entraîneur, est le mari d'une autre soeur Cuissard.

Par soucis d'économie, madame Cuissard utilise pour les buts de vieux filets de chalut.

Quand son petit-fils, Antoine Cuissard, va jouer avec les Verts de Saint-Étienne, Caroline revient de temps en temps dans sa ville natale. Elle y vient pour voir son magasin de vente de poisson. Son petit-fils Antoine, dévoile la vérité sur ces voyages dans le journal L'Équipe du 12 mai 1960 : Ma grand-mère avait aussi un magasin à Saint-Étienne que j’ai d’ailleurs tenu un moment, et de temps en temps, elle disait à ses fils, donc mes oncles : Il faut absolument que j’aille voir comment marche mon magasin de Saint-Étienne. Et elle partait les laissant là. À vrai dire, elle venait à Saint-Étienne parce qu’elle savait qu’il y avait ce-jour-là un match intéressant.

Chez les Cuissard, le football a vraiment été dans leur ADN puisque trois joueurs descendants de Caroline Cuissard ont joué en équipe de France. Ses petits-fils Antoine Cuissard (27 sélections) et Yvon Goujon (11 sélections) et son arrière petit-fils Yannick Stopyra (33 sélections).

Caroline Cuissard décède à Lorient le 11 février 1948.

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