Duguey Alphonse


Alphonse Duguey (1874-1919)
Médecin
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1914-1918
Croix de Roumanie
Conseiller municipal de Lorient 1908-1919
Mort pour la France

Alphonse, Charles, Marie, Gabriel Duguey est né à Port-Louis (Morbihan), le 19 octobre 1874, d’Alphonse, Jean, Marie Duguey, âgé de quarante-six ans, capitaine des douanes et de Marie, Vincente, Pélagie Brault, âgée de trente-sept ans. Etudiant en médecine, il épouse le 23 juillet 1900 à Port-Louis : Gabrielle, Marie, Pauline Montagné, âgée de vingt-deux ans. Il s’installe à Lorient et sollicité par le maire sortant Louis Nail, il se présente aux élections municipales des 3 et 10 mai 1908 sur sa liste d’Alliance démocratique.  Cette dernière remporte la majorité des sièges (23 sur 32) et Alphonse Duguey est élu conseiller municipal. Il siège à la Commission Administrative de l’Hospice, à la Commission des Affaires diverses, à la Commission théâtrale et au Comité de surveillance de l’École de musique. Le 12 mai 1912, il est réélu conseiller municipal sur la liste « Alliance des Comités Républicains Radicaux et Socialistes » du député-maire Louis Nail.  

La Grande Guerre
Lors de la Première Guerre Mondiale, Alphonse Duguey est mobilisé le 2 août 1914 comme médecin aide-major. Après plusieurs années sur le front, il est affecté (mai 1916) au service chirurgical de l’hôpital n° 42 à la Roche-sur-Yon puis en tant que médecin chef à l’hôpital n° 46 de Luçon en Vendée. Le 16 octobre 1916, il demande à faire partie de la mission médicale française en Roumanie. Depuis le 27 août, ce pays est entré en guerre à-côté des Alliés et rapidement son armée est confrontée à de sérieux revers. Pour les aider, la France envoie le général Henri Berthelot (1861-1931) à la tête d’un corps expéditionnaire afin de réorganiser leur armée. La mission militaire comporte également des équipes médicales et c’est dans ce cadre qu’intervient le médecin lorientais.  Le 17 mai 1919, Le Nouvelliste du Morbihan informe les lecteurs de sa mort au champ d’honneur à Kischinew en Bessarabie, le 4 février 1919 à l’âge de 44 ans et remarque : « La perte du Dr Duguey sera particulièrement ressentie, non seulement dans le Corps médical où il ne comptait que des amis, mais aussi au sein de l’Assemblée municipale où le Dr Duguey siégeait depuis le 20 mai 1908. » Il habitait 86, rue Belle Fontaine à Lorient.  Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Sainte-Anne d’Arvor, le mardi 27 mai 1919.  

Quelques jours plus tard, le maire Pierre Esvelin et le conseil municipal (31 mai 1919) lui rendent hommage :
« Messieurs,
Nous étions depuis plusieurs mois sans la moindre nouvelle de M. le Docteur Duguey. Sa famille se livrait aux plus angoissantes conjonctures et nous partagions ses légitimes inquiétudes La triste réalité nous a été révélée, il y a quelques jours, par une communication de Galatz (Roumanie), où Duguey avait été dirigé (…) et où il avait momentanément résidé avant d’être affecté comme chef d’une formation sanitaire à Kischinew (ville importante de Bessarabie). C’est dans cette dernière ville, où se déroulèrent les pires menées de la terreur bolchévique, que notre concitoyen a trouvé la mort dans des circonstances aussi dramatiques que glorieuses. Il est tombé sous les coups odieux de hordes révoltées, de ceux-là même parmi lesquels M. le Médecin-Major Duguey, avec tous ses collègues volontaires de la mission médicale, était venu apporter le secours de la pensée et de la science française. La mort de ce martyre de la foi patriotique et du dévouement professionnel a été profondément ressentie dans le corps médical dont il faisait partie. Elle laisse un vide aussi cruel dans notre assemblée qui a déjà perdu tant de ses membres depuis la guerre et à laquelle il appartenait depuis le 17 mai 1908. Duguey était un de nos collègues les plus sympathiques et les plus aimables. On peut dire aussi qu’il fut parmi nous l’un des plus consciencieux et des plus attentifs à l’examen et à la discussion des grands projets intéressant la vie de notre cité. Très épris des idées de justice, de solidarité et de progrès, il nous apportait l’appui de sa collaboration avec autant de modération que de fermeté, sans jamais perdre le sens du respect dû aux opinions d’autrui, mais sans transiger avec ses principes. Ses conseils furent, en maintes circonstances, particulièrement écoutés et suivis. Je vous demande, Messieurs, de saluer avec nous la mémoire de notre regretté collègue mort en service, à son poste, pour le triomphe du Droit et de l’Humanité. » Archives municipales - 1D105. Il habitait 86, rue Belle-Fontaine à Lorient.

Un nom de rue
Le 19 octobre 1922, un monument à la mémoire des soldats français morts en Roumanie est inauguré dans le parc Cismigiu de Bucarest. Le 12 juillet 1962, le conseil municipal de Lorient (maire Louis Glotin) attribue le nom d’Alphonse Duguey à une rue de la ville. Son nom est inscrit sur le monument aux morts et sur une stèle commémorative dans l’église de Port-Louis dans le Morbihan.

Recherches et texte de Patrick Bollet

Il figure également sur le livre d’or « LORIENT A SES MORTS 1914-1918 » et dans l’ouvrage de Patrick Bollet « Au Cœur de la Grande Guerre avec les Lorientais Morts pour la France 1914-1918 » édition Ville de Lorient, Les Archives. 2014.

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