Gallot Stéphen


Stéphène Louis Octave Gallot, dit Stéphen Gallot, architecte, fusainiste émérite, chevalier de la légion d'Honneur (31 juillet 1925), officier de l'instruction publique, médaillé de 1870, est né à Vire le 2 juin 1843 et décède à Lorient le 2 avril 1931.
 Son père, pharmacien tient une officine à Vire. Etudiant à l'école nationale des beaux-arts de Paris, il y intègre ensuite en section architecture les ateliers d'Alexis Paccard.

Élève de Marius Fouque à Paris, l’artiste réputé, il l’aurait probablement suivi à Lorient quand ce dernier vient s’y installer vers 1870-1871 rue de la Comédie. Il devient architecte de la ville dès 1871 après avoir servi pendant la guerre de 1870, et c’est lui qui déclare le décès de Marius Fouque dans l’état-civil de Lorient en 1880. Son travaille d'artiste est également très influencé par Camille Corot, l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il acquiert d’ailleurs un nombre conséquent des œuvres de Corot, reconstituant ainsi un véritable petit musée à son domicile de la rue de la Cale Ory.

Quand il épouse à Lorient, le 17 janvier 1876, Berthe Euphrasie Marie Chauvlon, il est précisé sur l'acte de mariage qu'il exerce la profession d'architecte de la ville de Lorient. Son épouse, propriétaire, est la fille d'Alexandre Chauvelon qui était entrepreneur à Lorient. De leur union, naissent trois enfants : Pauline Adèle Juliette Marie née le 15 décembre 1876 qui décède le 3 janvier 1879, Renée Nancy Marie née le 22 août 1880 et Stéphen Georges Léonce né le 22 septembre 1884. Le 28 septembre 1884, après avoir donné naissance à son fils, Berthe décède à l'hôpital de Lorient. Stéphen Gallot est à nouveau endeuillé durant la Première Guerre mondiale, par le décès de son fils, tué à l'ennemi le 11 décembre 1914 en tant que sergent au 3e zouaves à Roclincourt. Sa seconde épouse, née Caroline Morice, une poètesse distinguée, adopte Renée le 23 février 1927. Caroline décède le 27 février 1929, à l'âge de 87 ans.
 
En tant qu'architecte, outre les plans de la Nouvelle-Ville approuvé par la préfecture du Morbihan le 30 septembre 1877. Il construit à Lorient le groupe scolaire de Merville, l’école des filles de la mairie, l’école des garçons de la rue Ducouëdic, la Caisse d'Épargne de Lorient, la façade du Grand Café, le médaillon de Gutenberg apposé sur la façade qu’occupait le journal Le Nouvelliste du Morbihan rue du Port, le socle et la grille de la statue Victor Massé cours de La Bôve, les plans de la Fontaine Neptune (rue du Morbihan : actuelle rue maréchal Foch) réalisée par le sculpteur Auguste Nayel... En 1873, il dessine le tableau d'honneur érigé à la mémoire des soldats tués en 1870 - 1871 et installé à l'entrée de l'hôtel de ville. Il redessine également la place du Morbihan. Hors Lorient, ses œuvres majeures sont l'église paroissiale Saint-Denis à Saint-Gravé, les mairies de Ploemel et Saint-Gravé, la mairie du Palais, l'hôpital Saint-Michel de Quimperlé. Par le biais de son cabinet d’architecte, il construit également pour les particuliers notamment les immeubles qui étaient situés à l’angle de la rue du Port et du cours de La Bôve.

Quand il prend sa retraite, l'architecte Louis-Marie Dutartre prend la succession de son cabinet.
Conseiller municipal, il dirige également les services municipaux de la voirie. En tant que vétéran, il est durant de nombreuses années, président du Souvenir Français. 
Homme aux multiples activités et aux centres d’intérêts variés, il est également directeur de la Caisse d'Épargne de Lorient pendant plus de trente ans.il est en outre membre de la commission sanitaire d'arrondissement, membre des conseils d'administration de la Croix-Rouge, des hôpitaux civils, du lycée, de l’école de dessin de Lorient. C’est pour sa carrière foisonantes, faite de dévouement et de probité que le gouvernement le fait chevalier de la Légion d’honneur.

Membre du conseil d’administration du musée de Lorient la, il en demeure jusqu'en 1931, le conservateur. Il est encore, membre du bureau de la Société bretonne de géographie et pendant plus de vingt ans président de la Société des Beaux-arts et ce jusqu'à son décès. En 1870, il expose au Salon de Paris où il se présente en tant qu’élève de Marius Fouque dont il restera un grand ami. Il expose au Salon à deux autres reprises. Ami fidèle, c'est lui qui déclare le décès de Fouque le 11 avril 1880.
 
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'art est très vivant dans le pays de Lorient. Aussi, dès 1905, le peintre Narcisse Chaillou, retiré à Port-Louis, cherche à organiser des rencontres picturales. Deux autres artistes, Jean-Bertrand Pégot-Ogier et Stéphen Gallot se joignent à lui. Monsieur Fontaine, qui fait commerce de fournitures pour artistes, apporte également son concours.
Ces quatre personnes vont réussir à organiser la première exposition subventionnée par la Société des Hospitaliers-Sauveteurs-Bretons. Soixante artistes exposant 350 œuvres y participent le 15 septembre 1907, au Garage Augereau, 13 Cours de Chazelles (aujourd’hui à la place de l’ex-magasin Concorde) et, même si ce lieu n'est pas adapté, c’est un premier succès. Stéphen Gallot avec l’aide de son ami le peintre Antoine Gayet veut créer une société d’art. La Société des Beaux-Arts est créée le 19 mars 1908. Cette année-là, à la sSalle Dousdebes, se tient le premier Salon officiel de la société Lorientaise des Beaux-arts. Le bâtiment de la Salle Dousdebes, (aujourd’hui quartier Brizeux) a été construit pour en faire un musée. Stéphen Gallot, élu premier président de l’association assume son rôle de façon primordiale, avec Pégot-Ogier, élu vice-président.
Le Salon de 1911 expose des œuvres de Gallot dont une critique est faite dans le Nouvelliste du Morbihan du 1er octobre 1911 : Ce fusainiste dont les œuvres sont nombreuses, prouve encore une fois de plus, que l'on peut faire de la couleur avec du blanc et du noir, ce que plus d'un peintre ne fait pas toujours avec toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. La Société des Beaux-Arts de Lorient qui a interrompu son activité durant la Première Guerre mondiale, est reconstituée en 1922 grâce à l’initiative de Stéphen Gallot.

À son décès, le journaliste Maurice Bigot parle de lui en des termes profonds dans le Nouvelliste du Morbihan du 4 avril 1931 : […] Il avait conservé jusqu’en notre siècle de fièvre, ce calme d’un jugement sain, d’un esprit tolérant à toutes les faiblesses humaines, d’un cœur compatissant à toutes les infortunes. Il représentait la société polie des vieux âges. Jamais nous ne l’avons entendu prononcer une seule parole amère contre quiconque. Tout en lui reflétait l’artiste, depuis la forme châtiée de son langage jusqu’à la clarté intérieure […] dessinateur au crayon fin et subtil […].
 L'architecte lorientais Aristide Nabat, vice-président de la société des beaux-arts et architecte de la ville comme son ami Stéphen Gallot, prononce un discours élogieux aux obsèques de ce dernier.

II lui succède naturellement à la présidence, organise dès l’année de son décès, un Salon des Beaux-Arts qui lui rend hommage, en proposant une exposition rétrospective des nombreux fusains de Stéphen Gallot.

Le secrétaire de la Société des Beaux-Arts de Lorient, Charles Le Corre, exprime également tout l’esprit qu’il a pour lui dans le Nouvelliste de Morbihan du 4 avril 1931 : […] Notre ville lui doit quelques-uns de ses monuments les plus originaux. Il était de plus dessinateur remarquable. Ses fusains ont eu souvent l’honneur d’être admis aux Salons de Paris. Chaque année, nous avions la joie d’admirer les jolies sanguines, les fusains exquis qu’une fantaisie inépuisable comme en se jouant. Ses arbres au port harmonieux et élégant, ses dentelles de feuillage, la fine lumière matinale qui les baignaient, évoquaient le souvenir du grand Corot. […] Un vrai charme émanait de ce beau vieillard, à l’esprit toujours éveillé, au goût si sûr, à la répartie si amusante et au cœur toujours si bon pour ses amis.  […] Le vœu de notre vénéré président s’est réalisé pleinement. Il a vécu en beauté, il est mort en beauté.

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