Gauch Élie


Élie Gauch (1871 - 1958)
Ingénieur mécanicien général de la Marine
Commandeur de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1914-1918

Il est né le 8 juin 1871 à Souillac dans le Lot, d’Antoine Gauch, âgé de trente-quatre ans, voiturier et d’Élisa Montpayssin, âgée de trente-et-un ans. Il s’engage le 27 décembre 1887 à Cahors pour suivre les cours de l’école des apprentis mécaniciens de Brest (promotion 1888-1890) et commence sa carrière dans la Marine nationale par diverses affectations à la mer.  Premier maître des équipages de la flotte, il épouse le 5 avril 1902 à Souillac : Alexandrine Lascombe, âgée de vingt-deux ans. Le couple a deux enfants : Jeanne, née le 14 avril 1904 à Souillac et Lucienne, née le 23 juin 1909 à Souillac. Il monte régulièrement les échelons et est nommé le 1er juillet 1904, mécanicien principal à Rochefort-sur-Mer en Charente-Maritime. Il suit les essais à la mer et embarque à bord du contre-torpilleur Francisque dans l’escadre d’Extrême-Orient (1905-1906). C’est ensuite, le contre torpilleur Baliste dans l’escadre du Nord (1908-1909), le cuirassé Léon-Gambetta (1911-1912) et le cuirassé Jean-Bart (1914-1915). Lors de la Première Guerre mondiale, il sert en Méditerranée à bord de ce dernier cuirassé qui est torpillé le 21 décembre 1914 dans le canal d’Otrante par le sous-marin autrichien U-12. Sérieusement touché, le Jean-Bart réussit à gagner quelques jours plus tard le port de Malte. À l’issue de l’attaque, le mécanicien principal de 1ère classe, Élie Gauch, déjà chevalier de la Légion d’honneur (1913) reçoit la Croix de guerre avec palme, pour les qualités de commandement, d’énergie et de sang-froid dont il a fait preuve au cours du torpillage du bâtiment et pour son esprit de décision dans l’exécution des travaux qui permirent au bâtiment torpillé de rallier en toute sécurité le grand port militaire britannique. Il est ensuite affecté sur le cuirassé Mirabeau et participe avec ce bâtiment, aux opérations en Grèce (1916-1917), en Mer-Noire (1918-1919) et s’illustre une nouvelle fois lors du déséchouage du Mirabeau (avril 1919) devant Sébastopol qui est ensuite remorqué jusqu’à Toulon. Le 16 juin 1920, il est officier de la Légion d’honneur et rejoint le croiseur-cuirassé Ernest Renan dans l’escadre de la Méditerranée. En 1922, l’ingénieur en chef Gauch, de l’état-major du croiseur cuirassé Ernest-Renan dirige à Smyrne les travaux de construction de l’hôpital français après l’incendie (13 septembre 1922) qui détruit une grande partie de la ville lors de la guerre gréco-turque. En mars 1924, il est nommé à la direction de l’École des Apprentis Mécaniciens à Lorient. C’est un challenge intéressant qu’il relève avec autorité en modernisant l’école, en la dotant d’ateliers spacieux et d’outillages performants et en accentuant la formation pratique. À cet effet, Il dispose d’une flottille de trois canonnières permettant aux apprentis de passer de la théorie à la pratique. « En naviguant sur La Luronne, ils suivent la marche des deux moteurs à pétrole, L’Audacieuse leur donne les plus précieuses notions sur la chauffe au charbon et le fonctionnement des moteurs à vapeur et à bord du Dubourdieu, ils s’initient à la chauffe au mazout et au fonctionnement des moteurs à turbines. [1]» En deuxième année, ils font un stage sur le croiseur Condé leur permettant de découvrir « la vie de bord en ses chaufferies et ses chambres de machines. » En quelques années, il dynamise « l’audience » de l’école et lorsqu’il quitte en mars 1929 la ville de Lorient pour l’état-major de la première escadre, il laisse à son successeur un établissement moderne d’environ 1 200 élèves. Le 1er octobre 1930, il est nommé Ingénieur mécanicien de 1ère classe et le 20 décembre 1932, iI est commandeur de la Légion d’honneur. Après des années de bons et loyaux services et une carrière exceptionnelle, il rejoint le 1er janvier 1937, le cadre de réserve. Il décède le 23 février 1958 à Paris dans le 16e arrondissement et est inhumé au cimetière communal de Souillac.

Un nom de rue
Le 31 octobre 1959, le conseil municipal de Lorient (maire Louis Glotin) attribue le nom d’ingénieur-général Gauch à une rue de la ville en hommage à son action à la direction de l’École des Apprentis mécaniciens de 1924 à 1929.

 


[1] Le Nouvelliste du Morbihan. Le 24 juillet 1928.

Recherches et texte : Patrick Bollet

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