Eugénie Gaude (1822-1865)
Écrivaine
Eugénie Marie Gaude, dite Max Valrey est née à Ploemeur le 15 octobre 1822.
Elle est la fille d’Hercule Louis Prosper Gaude né à Brest le 10 avril 1790 et de Josèphe Eugénie Cosmao-Dumanoir, mariés à Ploemeur le 12 septembre 1816. Hercule Gaude est un lieutenant de vaisseau embaqué qui sert au port de Brest et de Lorient. La famille demeure au lieu-dit la Campagne de Breteuil dans une propriété de la famille Cosmao-Dumanoir, située à l’époque sur le territoire de Ploemeur puis rattachée à Lorient le 1er octobre 1947. Domiciliée rue du Burtul à La Villeneuve, située à limite de la commune de Lorient, Eugénie y reste jusque vers 1850. Elle finit par rejoindre Paris pour se consacrer pleinement à la littérature. Elle est publiée pour la première fois en 1857 alors qu’elle est âgée de 37 ans, l'âge où son père décèdera.
Elle fréquente l’élite littéraire parisienne de l’époque et notamment les grands salons littéraires parisiens de la Revue des deux mondes qui a été fondée en 1829. D’ailleurs, elle y est publiée à trois reprises : Marthe de Montbrun publié en trois parties de janvier à février 1857 dans le tome 7 (première partie : pages 65 à 114 ; deuxième partie : pages 241 à 288 ; troisième partie : page 574 à 624)) ; Histoire de tous les jours ; Hermine, étude de la vie bretonne en 1860 dans le tome 28 [(pages 126 à 183) (Histoire d'une jeune fille prénommée Hermine qui se déroule sur Lorient, Hennebont et les environs].
Elle écrit plusieurs ouvrages : Marthe de Montbrun (1857) (310 pages), Les Filles sans dot (1859) (324 pages), Ces pauvres femmes (1862) (301 pages), Les Victimes du mariage (1863) (300 pages), Les Confidences d’une puritaine (1865) (281 pages). Son pseudonyme de romancière est Max Valrey, sûrement pour pouvoir être éditée plus facilement à une époque où la femme est en retrait dans la société publique. Quatre de ses romans sont édités chez Lévy frères, alors éditeurs des grands écrivains de l’époque (Flaubert, Balzac, Dumas, Sand…). Elle est également connue sous les noms de Mademoiselle Soler ou de Madame Miller. Toutefois, il semble qu’elle ne se soit jamais mariée.
Le 22 décembre 1865, Eugénie décède à son domicile parisien au 4 rue Trézel (aujourd’hui rue du docteur Heulin), emportée en deux jours par la maladie du charbon (anthrax). Sur son acte de décès, elle est présentée comme une femme de lettre dont le père est décédé et dont la mère demeure alors à Lorient. Son père est en fait disparu en mer le 26 décembre 1827 à l’âge de 37 ans. Le 12 mai 1879, le frère d’Eugénie, Charles Louis Marcel, né à Lorient le 19 novembre 1826 subit le même sort. Durant la guerre de 1870-1871, ce dernier, capitaine de frégate qui commande l’Imprenable en 1870, est chargé du commandement de la subdivision de l’Eure.
N’ayant fait aucune demande pour des obsèques religieuses, Eugénie Gaude est enterrée dans une simple fosse et si 150 personnes connues dans les milieux de la littérature, de la musique et des arts parisiens assistent à ses obsèques, aucun membre de sa famille n’est présent.
Femme avant-gardiste, il suffit de lire les titres de ses ouvrages pour ne pas douter de son engagement pour la cause féministe et sa réflexion sur la place de la femme dans la société moderne.