Gaultier Jean


Jean Gautier (1678-1743)
Médecin

Jean Gautier (parfois écrit Gaultier), originaire de Rézé, est baptisé le 11 mai 1678. Il est issu d'une famille de cordonniers, boulangers et chirurgiens naviguants. Docteur de la faculté de Nantes à 30 ans, il est également médecin à l'Hôtel-Dieu de Nantes.

Il se penche sur le problème de l'eau potable en mer et notamment à l'altération de l'eau en barrique. Précurseur, il écrit : c'est la matière extractive que l'eau dissout du bois des barriques qui putréfie et ôte à cette boisson toute salubrité. Il est l'inventeur d'un procédé pour déssaler l'eau de mer et la rendre potable. Son idée lui vient de l'observation de l'action du soleil dans les marais salants. Le conseil de la Marine royale l'autorise à procéder à des essais à Port-Louis en décembre 1716.  Ainsi, Il construit un appareil de distillation et effectue des essais à terre. Il procède à deux mois d'essais pour lesquels des officiers de Marine du port de Lorient font un rapport déclarant que cette eau n'a aucun goût de sel, elle est parfaittement bonne, reposée. Elle est meilleure et plus fraîche que celles des fontaines.
Si les essais à terre sont concluant, les essais en mer en 1718 ne le sont pas : Malgré ses avantages ingénieux, ce vaisseau distillatoire, tout excellent qu'il peut être, ne peut être employé sous voile parce que l'eau marine, agitée par les mouvements du vaisseau, se mesle et gaste celle qui est réduite en vapeur au chapiteau de l'alambic, qu'elle tombe alors en quantité sur le tambour et qu'elle éteint le feu. En effet, son appareil ne fonctionne pas par mer agitée. Il reste malgré tout le premier à s'être interessé au problème de l'eau potable sur les navires.

Les conditions de vie à bord des navires, le font revenir à Lorient. De 1720 à 1724, face à l'état des marins à leur retour de campagne, un hôpital provisoire est installé au château de Tréfaven par la Compagnie des Indes, sous la direction de Jean Gautier. Il reste à ce poste de 1720 à 1722. Il quitte alors le service de la Compagnie et n'est pas remplacé. Ses appointements en tant que directeur étaient de 1 500 livres par an.

Après son départ de Lorient en 1722, la direction est assurée par le chirurgien-majar Antoine Dufay (père) avec des appointements de 900 livres par an. Pierre Brossière, chirurgien en second lui est adjoint puis remplacé en 1722 par Jean Gougeard. Chacun touche des appointements de 300 livres par an. La gestion de l'hôpital revient à l'écrivain de la Compagnie du Ponceau. Les médicaments proviennet de Jacques Cordier, ancien apothicaire en chef de la Marine royale au Port-Louis.

Jean Gautier, pauvre, décède en 1743 ne laissant à ses cinq enfants que 4 880 livres. Huit ans après sa mort, son procédé de désalinisation est repris dans les salines de Lorraine.

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