La famille Glotin fait partie de la bourgeoisie locale depuis le XVIIIe siècle, avec l’installation à Lorient de Pierre-François Glotin (1757-1824), docteur en chirurgie mais plus particulièrement accoucheur. Il aide notamment la mère d’Auguste Brizeux à accoucher.
Originaire de Dinan, il épouse à Lorient, Marie-Sainte Le Bail avec qui il aura douze enfants dont Hyacinthe Caton Glotin. En 1789, il est nommé major des dragons nationaux de la garde nationale de Lorient et en 1791, il fait partie de la « Société des amis de la Constitution ». Il se tient à l’écart de la tourmente révolutionnaire.
Hyacinthe Caton Glotin (1794-1847), docteur en médecine, reçoit une médaille en 1823 et en 1828 pour son zèle à propager la vaccine. Il épouse à Lorient en 1823 Modeste Amélie Joséphine Le Discot (1801-1876), rentière et fille d’un docteur en médecine. Le couple a six enfants dont cinq filles : Amélie Marie Louise (1824-1879), Félicité Hyacinthe Marie (1825-1908), Marie « Louise » Gabrielle (1826-1888), religieuse, Marie Henriette (1828- ? ), et Léontine Joséphine Marie (1835-1930), religieuse ursuline. Seul garçon de la famille, Hyacinthe Antoine naît à Lorient le 28 juin 1830 et y décède le 10 avril 1901. Hyacinthe Antoine, notaire, épouse à Lorient, en 1862, Marie-Joséphine Le Pontois (1842-1922), soeur de Philippe Eugène Le Pontois, négociant lorientais. La fille de Philippe Eugène, Marie Joséphine Pia Le Pontois (1869-1939), a pour parrain Giovanni Mastai (pape Pie IX). Hyacinthe Antoine, ancien élève au petit séminaire, prend en 1863 la direction de la maison de commerce de son beau-père. Propriétaire de nombreux terrains et propriétés sur la commune, il est membre du conseil de fabrique de sa paroisse et de la société d’horticulture de Lorient. De son mariage naissent trois enfants : Eugène (1866-1868), Marie Hyacinthe (1868-1930) et Marie-Joséphine (1871-1938).
Marie Hyacinthe est né à Lorient le 7 mars 1868. Il épouse, à Orvault, Marie Agathe Louise Angèle Gahier avec qui il a quatre enfants : Marie (1896), Louis (1898), Henri (1899) et Joseph (1904). Elève à l’institution Saint-Sauveur de Redon, il étudie ensuite le droit à l’institut catholique de Paris. D’abord avocat à Paris puis à Nantes, il vient exercer à Lorient en 1900. En 1904, il achète une étude d'avoué à Lorient. Parallèlement, il est administrateur de la Caisse d'Epargne de Lorient de 1912 à 1920, puis président jusqu'à son décès en 1930. Conseiller municipal républicain, membre du conseil de fabrique des paroisses de Merville et de Sainte-Anne d'Arvor, il s'oppose aux inventaires suite à la séparation de l'Église et de l'État. Défenseur de l'Église catholique, il dénonce les lois de laïcisation et défend les congrégations religieuses. En 1895, il achète la propriété de Kergonan à Plouharnel pour le compte des moines bénédictins. La République les expulse en 1901 mais lors de la mise en vente de l’abbaye en 1910, celui-ci la rachète permettant ainsi le retour de la communauté religieuse.
Cet avocat, héritier propriétaire, souhaite créer un lotissement à Lorient sur des terrains qui dépendent de sa propriété sise avenue de la Marne et rue Gambetta. Le 21 mai 1926, le conseil municipal émet un avis favorable et approuve le plan d'alignement et de nivellement de la voie projetée, destinée à desservir le terrain loti. Ce même jour, le conseil prend acte de l'engagement souscrit par Marie Hyacinthe Glotin d’en faire abandon gratuit à la Ville après l'avoir mise en état complet de viabilité. Le 3 décembre 1927, le conseil municipal accepte de satisfaire à la demande de Marie Hyacinthe Glotin en donnant à la nouvelle voie le nom de Hyacinthe Antoine Glotin, en mémoire de son père. Les travaux sont alors pratiquement terminés et la rue est classée dans la voirie urbaine de la Ville au printemps suivant, après que les réparations des tassements dus aux pluies d’hiver soient effectués par le donateur. Pendant la seconde guerre mondiale, la quasi totalité des immeubles qui la bordent a été réquisitionnée par les Allemands. Cette rue rend donc hommage au grand-père de maître Louis Glotin (1898-1973) avoué, qui fut maire de Lorient de 1959 à 1965. Louis Glotin naît à Nantes le 18 mars 1898 où son père exerce alors la profession d’avocat. Après ses études à Lorient puis à la faculté de Paris, il prête serment au barreau de Lorient en 1921. Entre temps, il est mobilisé en 1917 au 13e régiment d’artillerie jusqu’en 1920. A partir de 1927, il seconde son père puis lui succède après son décès en 1930. Il le remplace également en tant qu'administrateur de la Caisse d'Épargne de Lorient. Il en est nommé président en 1942 et accède par la suite à la vice-présidence de l’Union nationale des Caisses d’Épargne de France. En 1928, il épouse Édith Guillois, fille de Louis Guillois qui a été député du Morbihan (1932-1936). Comme son père, il s’engage dans la vie religieuse locale et lui succède au conseil paroissial de Sainte-Anne d’Arvor dont il assume la présidence. Engagé dans de nombreuses associations catholiques, il milite pour la liberté de l’enseignement. Président de l’APPEL (Association des Parents d’Élèves de l’Enseignement Libre), il préside, en 1954, le comité de reconstruction de l’école technique Saint-Joseph. En 1959, pourtant en 11e position sur la « liste d’union » de la droite qui l’emporte face à la gauche désunie, il est élu maire à l’unanimité par le Conseil municipal. Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur, chevalier du Mérite agricole et commandeur du Mérite social. Après son échec aux élections municipales de 1965, il se retire de la vie politique.
Sources :
- Acte d’état-civil des Archives municipales de Lorient (série E)
- chronologie familiale des Glotin établies par Bernard Glotin
- Histoire générale des rues de Lorient, Louis Cren, 1940 (cote 7HB132)
- Répertoire des noms de rue de Lorient, 1998 (cote 7HB133)
- Lorient, ses hommes illustres, Patrick Bollet, 2005 (cote 7HB139)