Guiol Marius


Marius, Valentin, Charles Guiol
1880-1954
Professeur de Musique
Directeur de l’école nationale de musique
Officier de l’Instruction Publique
Médaille d’or de la ville de Lorient

« Il connait l’art de faire régner l’émulation et guide ses professeurs d’une main ferme. » Citation d’André Bloch (1873-1960), compositeur français.

Marius, Valentin, Charles Guiol est né le 27 décembre 1880 à Lorient de Paulin, Victor, Marius Guiol, âgé de trente-neuf ans, premier maître mécanicien de la flotte et de Maria, Valentine Prat, âgé de vingt-cinq ans. Ce Professeur de musique est marié par Louis Nail, maire de Lorient et conseiller général du Morbihan et épouse le 21 juillet 1906 à Lorient, Marie Désirée Laurence Le Gal, âgée de vingt-deux ans.

Après le lycée de Lorient, il poursuit des études musicales à Rennes et Paris. A l’issue de sa formation, il revient dans sa ville natale en tant que professeur de musique. Il arrive au bon moment car le 18 juin 1905, Le Nouvelliste du Morbihan signale l’ouverture - le jeudi 15 juin - du conservatoire de musique et remarque « le nombre de postulants et postulantes qui se sont fait inscrire aux diverses classes s’élève au chiffre important de 112 élèves. Ce résultat fait le plus grand honneur à M. Royer-Dubail, le distingué promoteur de la nouvelle école, ainsi qu’à ses excellents et érudits collaborateurs » dont le professeur de violon de la classe supérieure, Marius Guiol. La création de l’école de musique dope le développement de l’enseignement musical à tel point que la municipalisation est souhaitée avant d’obtenir le label d’école nationale. À cet effet, une inspection est diligentée et le rapport qui en découle signale « les résultats obtenus en si peu de temps sont absolument remarquables. » À cette période, le corps professoral compte dix enseignants et des cours du soir permettent également aux jeunes travailleurs de suivre un enseignement musical. Le 25 juin 1907, l’école est municipalisée et l’année suivante, elle reçoit la dénomination d’École Nationale de musique (19 mars 1908) afin de mettre la musique à la portée de tous. Le 11 juillet 1908, lors de la distribution solennelle des récompenses aux élèves de l’école nationale de musique, le directeur Royer-Dubail souligne les progrès constants de l’école qui comprend plus de 450 élèves et souhaite faire découvrir la musique classique à un large public « car il ne faut pas que l’art musical reste un privilège exclusif réservé à une catégorie privilégiée ». À cette période, Marius Guiol édite « un conte poétique pour violon, violoncelle et piano » qui reçoit un excellent accueil. La nouvelle dénomination de l’école favorise les initiatives et le 9 août 1908, Lorient accueille pour la première fois une grande manifestation artistique. En effet, le grand concours d’orphéons, d’harmonies, de fanfares, trompettes et trompes de chasse dont l’organisation est confiée à M. Royer-Dubail, est organisé dans la ville.  

Cette belle dynamique est interrompue par la déclaration de guerre. Le samedi 1er août 1914 : « Par décret du Président de la république, la mobilisation des armées de terre et de mer est ordonnée. » Les hommes rejoignent les casernes afin d’être incorporés, habillés, équipés et armés. Ce n’est pas le cas de Marius Guiol qui est - dans un premier temps - exempté. Il est alors de toutes les manifestations organisées par le Comité de la guerre et la Croix rouge et dirige l’orchestre symphonique de la société philarmonique. Il en profite pour composer et produire quelques œuvres musicales :
1915 - « Sapins d’Alsace » sur un sonnet de Paul Broisse, qui rend hommage au sacrifice des fusiliers marins tombés lors de la bataille de Dixmude (10 octobre-10 novembre 1914).
1917 - « Pour nos Marraines » chanson à 1 voix et piano. Paroles du Lorientais Victor Le Teuff.

Mais les compositions s’arrêtent là ! Car le 4 avril 1917, la commission de réforme de Lorient le reconnaît apte au service et l’affecte au 111e régiment d’artillerie lourde. Il rejoint par la suite le 110e régiment d’artillerie lourde et termine la guerre au dépôt du 111e à Lorient. Il est démobilisé le 6 février 1919 et reprend ses cours à l’école de musique. En janvier 1920, la démission du directeur - fondateur de l’école nationale de musique, Jules Royer-Dubail, pour raisons de santé, perturbe le fonctionnement de l’école mais pour L’Ouest- Eclair « l’œuvre demeure sur des bases telles que son avenir est nettement assuré. » « Le 29 avril 1920, le ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts nomme Marius Guiol, Directeur de l’école nationale de musique de Lorient. À ce poste, il démontre toutes ses qualités et développe l’audience de l’école qui s’étoffe en quelques années d’une classe de musique de chambre, de chant et d’harmonie d’instruments à vent. Il adjoint à l’école nationale un orchestre symphonique qui permet à la Société des Concerts populaires de trouver dans cette pépinière d’instrumentistes tous les éléments dont elle avait besoin pour constituer sa phalange orchestrale qu’il conduit si brillamment et avec la plus belle autorité. »  Extrait du journal Le Nouvelliste du Morbihan, 2 juillet 1939.

Chef de l’orchestre symphonique de l’École Nationale, il tient également la baguette de l’orchestre du Théâtre municipal et fonde la société des Concerts Populaires (1932). Il propose des séances musicales de qualité : « chaque gala est un évènement local et artistique » qui attire un nombreux public. Les plus grands artistes parisiens de l’opéra se produisent à Lorient : Jane Galdemas, Odette Gayrford, Jean Givaudan et la célèbre divette Edmée Favart. C’est pour les mélomanes une période faste car les spectacles s’enchaînent et pour le rayonnement culturel de la ville, un formidable atout. Pour la presse locale, le directeur de l’école nationale de musique est un compositeur inspiré, un chef d’orchestre à la baguette précise autant que sensible et un meneur d’hommes.

La seconde Guerre mondiale
Une nouvelle fois, la Seconde Guerre mondiale porte un coup d’arrêt à cette belle dynamique mais malgré l’occupation allemande et les bombardements qui causent de nombreuses victimes, l’enseignement musical se poursuit ainsi que les galas qui permettent à la population d’oublier pendant quelques instants, les horreurs de la guerre. La destruction de la ville en 1943 et l’exode de la population fuyant cet enfer de feu et de flammes mettent entre parenthèses le développement et le rayonnement musical.

Le 6 juin 1944, le débarquement des forces Alliées en Normandie provoque un immense espoir. Le 31 juillet 1944, après la percée d’Avranches, les blindés américains foncent vers Brest et Lorient alors que les Allemands se replient sur Festung-Lorient. Pontivy est libérée le 4 août et ce même jour, le Comité départemental de la libération hisse le drapeau français orné de la croix de Lorraine à la préfecture de Vannes.

La renaissance
Le 2 novembre 1944, l’école nationale de musique de Lorient rouvre ses portes à Pontivy et son directeur Marius Guiol est heureux d’accueillir 54 élèves dont 7 Lorientais. Certes, les conditions d’enseignement sont difficiles car il fait très froid et les loges du théâtre de Pontivy n’ont pas de chauffage ! Mais qu’importe, la musique est une fête ! Cette dernière se prolonge car le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule. C’est enfin la victoire ! Le 10 mai, les troupes américaines et françaises prennent possession de Lorient. C’est une ville ravagée où tout est à reconstruire. Le maire, Emmanuel Svob s’y emploie et « tous et toutes n’ont qu’une idée, qu’une volonté, c’est de la faire renaitre … (Le 22 juillet 1945, visite du général de Gaulle) » C’est l’état d’esprit du directeur Marius Guiol et de Melle Merle, qui se déplacent (1946) les jeudis et dimanches à Lorient afin de donner des cours de piano et de violon. Cette détermination est payante car le 4 octobre 1946, l’école nationale de musique ouvre ses portes à Lorient dans un baraquement au Champ de manœuvre du Faouëdic à côté de la Caisse de sécurité sociale. Tous les cours y sont donnés à part le cours de flute et de déclamation et 200 élèves retrouvent un enseignement musical. C’est un grand moment pour l’ensemble des enseignants et leur directeur, fiers du chemin parcouru. En quelques années, les effectifs passent de 424 élèves en 1951 à plus de 500 en 1953.

Après des années d’efforts et de passion, Marius Guiol quitte en 1953, la direction de l’école nationale de musique et laisse à son successeur une école florissante. Il décède, le 13 avril 1954 à Larmor-Plage à l’âge de 73 ans. Le 9 novembre 1963, le conseil municipal de Lorient donne son nom à une place de la ville. Il est inhumé au cimetière de Carnel à Lorient. Carré 4 - Tombe n° 76. (Concession expirée)

Texte : Patrick Bollet

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