Hourlier Jean-Baptiste (1897- 1987)
Architecte
Jean-Baptiste Hourlier est né le 16 octobre 1897 à Paris (15e arrondissement) et décède le 16 mars 1987 à Saint-Germain-en-Laye. Son père, Armand Hourlier, est peintre décorateur et sa mère Antoinette Guifard est la fille d'un décorateur architecte. Il épouse Yvonne Guizot et le couple donne naissance à une fille unique Jacqueline qui épousera l'architecte Ivan Gury.
Élève d'Alphonse Defrasse à partir de juin 1913, le 16 mars 1914, il réussit son admission à l'École des beaux-arts de Paris en deuxième classe et intègre l'atelier de Defrasse, . Également élève de Louis Madeline, il est admis en première classe le 19 juillet 1921. Entre temps, il est mobilisé et participant à la Première Guerre mondiale, il obtient la Croix de guerre 1914-1918.
Diplômé de la 121e promotion le 15 novembre 1922 avec comme sujet une auberge en Bretagne, Jean-Baptiste remporte un grand nombre de prix : Prix Julien Guadet le 6 juin 1923, Grande médaille d'argent de la SDAG en 1924, Prix de la Fondation Stillman pour l'année scolaire 1924-1925, quatrième logiste le 14 mars 1925, Premier logiste le 13 mars 1926, Grand Prix de Rome le 24 juillet 1926, diplôme d'honneur à l'Exposition internationale de Paris en 1937.
Pensionnaire à l'Académie de France à la Villa Médicis à Rome du 31 janvier 1927 au 30 avril 1930, il y établit un projet de restauration de la ville de Sienne au Moyen-âge pour son envoi de dernière année et obtient pour cette œuvre, en 1932, la médaille d'honneur du Salon des artistes français. En 1946, il est fait chevalier de la Légion d'honneur puis officier en 1957. Le 5 juin 1961, il est reçu membre titulaire de l'académie d'architecture au fauteuil d'André Japy (1883-1960).
Architecte parisien, il quitte Paris pour Bellevue-Meudon (Hauts-de-Seine) en 1937 et Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) à partir de 1939. Associé à son gendre Ivan Gury à partir de 1967, il cesse son activité en 1974. En tant qu'architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il est en charge en 1937 de l'observatoire de Meudon, en 1939 du domaine de Saint-Germain-en-Laye où encore en 1942 du domaine de Malmaison
Il est choisi par Georges Tourry, parmi les Grands Prix de Rome nécessaires pour établir les bâtiments publics de la reconstruction, en grande partie du fait de son expérience lorientaise dans le cabinet de l’architecte Louis-Marie Dutartre qui travaille sur le projet de la chambre de commerce de Lorient en 1927. L’idée qu’il en soit le véritable auteur de la CCI est couramment admise chez les architectes.
Il travaille à Lorient entre 1946 et 1952. Il est chargé de tous les bâtiments prestigieux de Lorient à commencer par l’église Notre-Dame de Victoire (dite Saint-Louis) et la place Alsace-Lorraine. En ordonnançant la place, il retient dans la modénature, la leçon d’Auguste Perret (en charge de la reconstruction du Havre) en adaptant harmonieusement l’urbanisme monumental de Perret. Il établit également des projets successifs suivant l’acceptation du plan de la ville : hôtel de ville, sous-préfecture - hôtel de police, tribunal civil, palais des congrès, Caisse d'Épargne - hôtel des finances.
Sa collaboration avec Georges Tourry dépasse largement la simple invitation pour ses projets. Il fait partie intégrante de son équipe et représentant souvent Georges Tourry, c’est en grande partie Hourlier qui examine et corrige les permis de construire. Architecte en chef adjoint, son travail sur l’ensemble des architectes lorientais est donc primordial.
Chose assez courante chez les Prix de Rome de reconstruction, on note une nette évolution dans ses choix esthétiques. L’examen des projets successifs de l’hôtel de ville est en cela révélateur. De même, pour le projet qu’il dépose pour l’îlot 150, fait de jeux de volumes, de lames de béton décalées du plan de la façade, coursives, trames pointillistes d’hublots (rappelant le vocabulaire mis en place dans l’ensemble de la Banane), s’opposant à l’ordonnancement des hôtels particuliers de la place Alsace-Lorraine.