La Villette Élodie


Élodie La Villette (1842-1917)
Peintre

Élodie Jacquier, épouse La Villette, née à Strasbourg (Bas-Rhin) le 12 avril 1842, décède à Saint-Pierre-Quiberon en 1917. Fille d'un médecin militaire, elle reçoit comme sa sœur Caroline (1844-1910), une bonne éducation et étudie le piano et le dessin. Elles passent leur enfance à Lorient, à Fourcheblaye (Nouvelle-Ville) dans une maison familiale en bord de mer. Les deux sœurs, Élodie et Caroline Jacquier qui effectuent leurs études à Lorient, prennent des cours de dessin avec le peintre Ernest Corroller. Ce dernier marque de son influence la carrière des deux femmes puisqu’elles deviendront artistes peintres à leur tour, connues sous les noms respectifs d'Élodie La Villette et Caroline Espinet.
Le 12 décembre 1860 à Lorient, Élodie Jacquier épouse Jules La Rousse La Villette, né en 1834, lieutenant au bataillon d'apprentis fusiliers à Lorient.

En 1865, à Lorient, naît sa première fille, Aimée Marie Marguerite, qui deviendra compositrice, sous le nom de Rita Strohl. La première exposition d'Élodie La Villette a lieu à Paris en 1870. Son mari est fait prisonnier pendant cinq mois en Allemagne pendant la guerre de 1870 et c'est au cours de sa captivité qu'il apprend le violoncelle. Épouse de militaire, toute sa vie, elle va suivre son mari dans ses différentes mutations (Strasbourg, Arras, Lille, Dunkerque, Béthune, Paris). En 1872, le couple habite Arras et Élodie La Villette suit les cours de Désiré Dubois. En 1875, installés à Douai, Charles Demory réalise un portrait d'Élodie. Elle y reçoit une médaille de 3e classe au Salon annuel. L'année suivante, son époux est nommé chef de bataillon à Lorient, année où l'un de ses tableaux est acquis par l'État (musée du Luxembourg à Paris). En 1878, nouvelle mutation pour le colonel qui est nommé à Paris.

Son mari ne freine pas la passion de son épouse et soutient ses désirs artistiques. Artiste engagée, elle participe à la création de l'Union des femmes peintres et sculpteurs en 1881 d'abord sous la présidence d'Hélène Bertaux (1825-1909), puis sous celle de Virginie Demont-Breton (1859-1935). Elle fait partie de la délégation des artistes françaises présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, dans le Woman's Building. Élodie La Villette reçoit une récompense à l'Exposition universelle de 1889 à Paris.

Le couple est resté attaché à la Bretagne. À Saint-Pierre Quiberon, sur le port de Portivy, à Rénaron, ils font l'acquisition d'une maison choisie par le colonel, pour alors permettre à sa femme de peindre. La grande majorité de ses toiles est inspirée de la région lorientaise puis à partir de 1887 de la presqu'île de Quiberon. Les autres inspirations sont essentiellement liées aux déplacements professionnels de son époux (Pas-de-Calais, côtes normandes). Définitivement installée sur la presqu'île à partir de 1888, elle continue à sortir pour peindre les paysages marins, chaque jour et peu importe le temps, emmitouflée dans un châle. Ses plus grands formats sont réalisés en atelier à partir de petits formats qu'elle peint sur place sur de plus petites toiles et qui lui servent d'esquisses. Entre 1888 et 1914, le couple tient salon au domicile familial, où viennent notamment Maxime Maufra, Bellemont, Gaston Thiesson, Moret, Romain Rolland, Alfred Carlier, Charles Vildrac...
En 1893, sa fille Rita Strohl donne un grand concert à Lorient au profit de l'œuvre de charité maternelle. L'époux de cette dernière décède en 1900 et c'est la sœur d'Élodie, Caroline Espinet qui accueille vers 1895, les deux filles (Marguerite et Madeleine) de Rita Strohl qui se remariera en 1908.
Élodie La Villette ne cesse d'exposer ses peintures : Salon des artistes français de 1870 à 1914, Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs de 1882 à 1916, Salon de la Société des amis des arts de Nancy de 1893 à 1910.
Élodie La Villette est inhumée au cimetière de Saint-Pierre-Quiberon, sur la commune où elle décède.

Ses oeuvres conservées dans les collections publiques :
Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, dépôt du musée d'Orsay : Grève de Lohic et l'Île des Souris près de Lorient, 1876, huile sur toile, 120 × 245 cm.
Douai, musée de la Chartreuse : Vue du quai Fleurquin à Douai, 1875, huile sur toile, 45 × 61 cm.
Dunkerque, musée des Beaux-arts : Marée montante au Port-Louis, vers 1881, huile sur toile, 47 x 70 cm.
Fécamp, musée des Pêcheries : La Falaise d'Yport, 1877, huile sur toile, 165 × 256 cm.
Laval, musée du Vieux-Château : Marine, temps gris, huile sur bois, 29 × 44,5 cm.
Lorient, Ville de Lorient, Le calme. Falaise à Villiers (Calvados), 1900, huile sur toile, 141 x 230 cm.
Morlaix, musée des Beaux-Arts : Chemin de Bas-fort-Blanc, 1885, huile sur toile, 140 × 230 cm
Morlaix, musée des Jacobins, La baie de Quiberon, huile sur toile, 48 x 72 cm.
Paris, département des arts graphiques du musée du Louvre : Marée montante à Larmor, 1885, dessin, 23,8 × 31,2 cm.
Saint-Pierre-Quiberon, Hôtel de Ville : Le Port de pêche de Portivy, vue vers la mer, huile sur toile, 46 × 69 cm.
Saint-Pierre-Quiberon, Hôtel de Ville : Vue de mer, huile sur toile, 130 × 160 cm.
Strasbourg, musée d'Art moderne et contemporain : Marine, huile sur toile, 49,5 × 82 cm.

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