Le Bloa Roger


Instituteur
Sous-lieutenant
17e Bataillon de chasseurs portés
1917-1940
22 ans

Né à Keryado, le 21 décembre 1917, [au domicile de ses parents, rue Pierre Huet (rue du Plénéno)] de Joseph, Jean Le Bloa, âgé de vingt-six ans, ouvrier au port et de Geneviève, Joséphine Richard, âgée de vingt-cinq ans, ménagère. Il fait d’excellentes études à l’Ecole primaire supérieure de Lorient et est souvent cité au palmarès lors de la distribution des prix. Désirant devenir instituteur, il est admis à l’Ecole Normale de Vannes et fait une demande de trousseau auprès du conseil municipal de Keryado. Le 21 août 1934, les élus accèdent à ce souhait comme ils émettront quelques années plus tard un avis favorable à sa demande de sursis pour continuation d’études (loi du 28 août 1928).  En 1937, il obtient « au titre de l’infanterie et des chars de combat, le brevet de préparation militaire supérieure » lui permettant de suivre le peloton d’élèves officiers de réserve. À la sortie de l’Ecole normale, il est nommé instituteur à Riantec dans le Morbihan. Il ne tarde pas à s’engager et est élu le dimanche 13 mars 1938, secrétaire du Parti socialiste SFIO de cette commune. Le 1er septembre 1939, l’ordre de mobilisation générale est décrété et le 3 septembre, la France déclare la guerre à l’Allemagne. Le jeune Roger Le Bloa rejoint le 17e régiment de chasseurs portés. Depuis le 15 janvier 1940, son régiment fait partie de la 2e Division Cuirassée et est cantonné dans les environs de Châlons-sur-Marne autour du camp de la Haute-Moivre. Après des mois d’attente, le 10 mai 1940, comme l’écrit le général de Gaulle « Voici donc la guerre, la véritable guerre » et le 13 mai 1940, la 2e DCR se met en mouvement et tente courageusement de s’opposer à l’avancée irrésistible des troupes de la Wehrmacht et de leurs blindés. Elle le fait encore lors de la bataille d’Abbeville malgré les violentes attaques de la Luftwaffe. Le 4 juin, les chasseurs du 17e sont chargés d’enlever Mesnil-Trois-Fœtus et de progresser ensuite vers le Mont-de-Caubert. Après de durs combats, les chasseurs s’emparent du Mesnil mais sans renforts et devant le pilonnage de l’artillerie allemande, ils se replient dans le bois de Villers. Lors de cette offensive le 17e perd de nombreux soldats dont le sous-lieutenant Roger Le Bloa, tué à la tête de sa section par un éclat d’obus au bois de Villers près d’Abbeville (Somme), le 4 juin 1940 à l’âge de 22 ans. Il est inhumé sur les lieux du combat, au moulin de Béhen, à Moyenneville dans la Somme. Le 6 octobre 1940, Le Nouvelliste du Morbihan fait part de sa mort au Champ d’honneur. Sa dépouille mortelle est ensuite transférée et inhumée au cimetière de Keryado. Carré 11 - Tombe n° 6. Son nom figure sur le monument aux morts de Keryado. Le 5 août 1946, le conseil municipal de Keryado décide de donner le nom de Roger Le Bloa, « sous-lieutenant tué à l’ennemi dès le début de la guerre, à la cité de baraques américaines du Manio[1]. » Le 10 octobre 1973, le conseil municipal de Lorient attribue son nom à une voie nouvelle de la ville. Il habitait 3 rue du Manio à Keryado. Mort pour la France.

Texte de Patrick Bollet.


[1] AML. 1S2

 

Le conseil municipal de Lorient dénomme une rue à son nom par une délibération du 10 octobre 1973.

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