Le Diberder Victor


Victor Mathurin Le Diberder (1810-1891)
Médecin

Victor Mathurin Le Diberder, est né à Lorient le 5 septembre 1810.

Son père, Joseph Le Diberder, est le premier membre de la famille à s'installer à Lorient. Né le 7 juillet 1776 à Kervignac, il est encore enseigne de vaisseau quand il épouse le 2 mai 1808, Jeanne Benoîte Laplume née à Lorient le 25 septembre 1776. Une fois quitté la Marine, il devient négociant et courtier. Il décède à Lorient le 5 mars 1846.
Leur premier fils, Auguste né le 25 septembre 1809, est d’abord boulanger puis courtier. Il décède à Nantes le 12 janvier 1894.
Le cadet, Charles Louis Le Diberder, directeur de la manufacture de tabac de Nantes, né à Lorient le 18 septembre 1811, est l’un des premiers élèves lauréats du collège de Lorient sous la direction d’Antoine Dufilhol. Il décède le 25 mars 1880 à Lorient où il est revenu passer sa retraite.

Le second fils, Victor Mathurin, part à Paris pour effectuer ses études de médecine à Saint-Louis et il effectue son internat aux hôpitaux de Paris à partir de 1833.
Comme interne, il se fait notamment connaître en tant que premier médecin à découvrir la méningite tuberculeuse chez l’adulte. Sa formation lui a apporté une rigueur à l’établissement du diagnostic des maladies.
Le 20 décembre 1834, le conseil municipal de Lorient demande au ministre de l'Intérieur, l'attribution des médailles d'honneur en faveur de messieurs Louis Bodélio, Victor-Mathurin Le Diberder et Eugène-Francis Bouchant, en récompense du zèle et de la belle conduite qu'ils ont montrés pendant la première et la deuxième épidémie cholérique. Le 17 mai 1835, les médailles accordées par le gouvernement aux trois praticiens ayant fait preuve de zèle et de courage lors de l'épidémie leurs sont remises.

En 1837, le médecin s’établit définitivement à Lorient. Il se marie le 27 avril 1840 avec Jeanne Julie Laplume, née dans cette ville le 28 avril 1814 et décédée le 26 janvier 1849. Le couple a cinq enfants.
Son premier fils, Victor (Joseph), commandant du 21e bataillon de Belle-Île, épouse Pauline Augustine Lestrohan, petite fille du médecin Augustin Lestrohan qui dirigeait l’intendance sanitaire et des épidémies de l’arrondissement de Lorient avant Louis Bodélio. Le second, Henri Pierre Marie (né à Lorient le 30 novembre 1842 et décédé le 29 juin 1896), devient médecin. Suivent trois filles, julie née en 1845 et décédée en 1846, Josèphe née en 1846 et décédée en 1847, Louise née en 1848 et décédée en 1922. Cette dernière se marie à Lorient le 3 mars 1869 avec Léon Michau, lieutenant-colonel de l’infanterie.

Veuf, il se remarie à Lorient le 1er septembre 1851, avec Agathe Joannin de Vozière (1825-1893). De cette deuxième union naît Georges (1858-1932), futur colonel d’artillerie.

De 1847 à 1875, il soigne les indigents de la commune de Ploemeur. Médecin de la famille Dupuy de Lôme, il n’arrive pas à sauver les victimes de l’empoisonneuse Hélène Jégado. Par décret du 15 août 1858, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

En 1870, il publie un ouvrage Observations sur l’épidémie survenue à la suite de la vaccine en 1866, dans les communes voisines d’Auray (Morbihan) chez l’imprimeur lorientais Eugène Grouhel. Il est alors médecin en chef de l’hôpital civil de Lorient. Il publie également des travaux sur la névralgie paludique de la langue avec ulcération. Médecin de la Compagnie d’Orléans (chemins de fer) pendant 25 ans, membre du conseil d’hygiène, il œuvre à l’hôpital civil et à la maternité durant 27 années. Droit et indépendant de caractère, il ne soumet pas à l’organisation de l’administration hospitalière ce qui lui vaut la révocation de ses fonctions de médecin de l’hôpital.

Jusqu’à la fin de sa vie, il continue de se déplacer au chevet des malades. Il décède à Lorient le 1er mai 1891 à son domicile au 16 rue de l’Hôpital (rue Jules Le Grand), d’une courte mais douloureuse maladie selon le journal Le Nouvelliste du Morbihan du 10 mai 1891. Ses obsèques ont lieu le 10 mai devant une foule considérable constituant une haie de son domicile jusqu’à l’église Saint-Louis. L’édifice est trop petit pour accueillir tout le monde.

En 1876, Auguste Nayel expose au Salon de Paris un buste en plâtre rose qui représente Victor-Mathurin Le Diberder, médecin à l’hospice de Lorient et ami de Louis Bodélio ,avec qui il ne manque pas de courage face à l’épidémie de choléra dans le premier tiers du 19e siècle. En 1875, c’est un buste de Louis Bodélio que le sculpteur avait présenté au Salon.
Le buste, est commandé en octobre 1875 par son fils Henri Pierre Marie Le Diberder, médecin du bataillon de gardes mobiles lorientais puis médecin de l’hospice de Lorient. Ce dernier et Nayel, sont amis depuis qu’ils ont combattus ensemble durant la guerre de 1870.
Puis, tellement satisfait du travail, Henri commande un autre buste à son ami Auguste : il s'agit alors d’un buste le représentant lui-même, commandé en janvier 1876. En même temps, il commande un piédestal en bois marbré.
Les Archives de Lorient ont fait l’acquisition du buste original de Victor Le Diberder en 2021.

Retour en haut