Charles Le Garrec (1921-2007)
Charpentier
Boxeur
Entraîneur du Boxing Club Lorientais
Charles Le Garrec est né à Lorient le 7 juin 1921 au domicile de ses parents 21 rue Saint-Huel (Uhel). Ses parents se sont mariés à Caudan le 23 janvier 1910. Son père, Joseph Le Garrec né le 12 mai 1879 à Caudan, commence comme ouvrier au port puis devient charpentier à l’arsenal de Lorient. Sa mère Marie Louise Véronique Le Martelot, née à Caudan le 4 janvier 1884, tailleuse (couturière) de profession, est déclarée sans profession au moment de la naissance de son fils.
Le 4 juillet 1933, alors scolarisé à l’école de garçon de la rue du Couëdic, Charles obtient son certificat d’études primaires élémentaires. Il est ensuite scolarisé à l’École Primaire supérieure du cours des Quais (quai des Indes). Au niveau professionnel, il quitte Lorient pour Paris où il devient en 1936 portier pour hôtel de luxe (maison Astor Paris : 11 rue d’Astorg - 75008). De retour en 1938 à Lorient, au domicile de ses parents 16 place Alsace-Lorraine, il travaille alors à l’arsenal maritime de Lorient. Au début de l’année 1943, face à l’intensité des bombardements Alliés, sa famille est évacuée comme les autres Lorientais et se réfugie rue Langle de Cary à Pont-Scorff.
Le 21 septembre 1941, il s’engage pour 3 ans à l’intendance militaire de Vannes au titre de l’infanterie. À compter du 11 août 1944, son contrat de 3 ans est transformé en contrat de durée de guerre. Charles Le Garrec participe aux combats de la Poche de Lorient en tant que membre de la 2e section de la 3e compagnie du capitaine Henri Reglain (architecte de la Reconstruction) du 7e bataillon FFI du commandant Jean Muller. Le commandant de la section est le lieutenant Guerroué. Charles intègre le 7e bataillon, le 20 août 1944. Il est démobilisé le 16 août 1945. De cette période, il a souvent dit à sa petite fille qu’il a été blessé par balle au ventre lors des combats.
Après la guerre, il reviendra s’installer à Lorient et reprendra son emploi d’ouvrier charpentier fer à l’Arsenal maritime (matricule 8999). Le 12 décembre 1949, il épouse Suzanne Le Romancer. Le couple aura quatre enfants : Bernard, Christian, Nicole et Annie. Très investit dans le milieu syndical, il devient naturellement trésorier de la CGT (section DCAN) et s’implique au Parti communiste jusqu’à la fin des années 1970. Charles Le Garrec devient en juin 1973, porte drapeau départemental de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR). Il est également membre de l’Amicale des Anciens du 7e bataillon FFI ORA et du 3e bataillon du 118e RI. Son engagement durant la Seconde Guerre mondiale est reconnu par l'État le 4 février 1982, lorsqu'ilil obtient la Croix du combattant volontaire avec barrette Guerre 1939-1945.
Grand sportif, il commence par le football au sein du FCL vers 1935. Son départ pour Paris lui fait quitter le club mais à son retour sur Lorient en 1938, il intègre une équipe de football de l’ASAL (Association Sportive de l’Arsenal de Lorient). En tant qu’employé à l’arsenal, il y est entré naturellement.
Il s’essayera aussi, à une autre discipline, et il deviendrait à Saint-Nazaire en 1941, champion de l’Atlantique en plongeon acrobatique de haut-vol et tremplin. En tout cas, c’est lors de la pratique de cette discipline qu’il s’abîme les tympans, ce qui lui posera des soucis jusqu’à la fin de sa vie.
Mais de ses divers sports pratiqués, c’est la boxe qui va prendre le dessus. Il dispute au sein de l’ASAL, des matchs catégorie poids moyen à partir de 1941.
Son palmarès :
- Demi-finaliste du challenge de l’Auto à Orléans, 1943
- Champion de Bretagne, 1944 – 1946 – 1948
- ¼ de finaliste du championnat de France au Mans, 1946
- Champion des établissements de la Marine à Toulon, mai 1949
Durant sa carrière de boxeur, il remporte plusieurs combats notables en catégorie poids moyen :
- Émile Le Pennuisic (Saint-Nazaire – présélectionné Olympique pour les jeux de Berlin en 1936, champion d’Anjou et de l’Ouest 1937 – 1938 -1939, finaliste du championnat de France 1942, finaliste de la Ceinture l’Auto 1943)
- Alard (Colombes – sélectionné national)
- Sénaca (Quimper – champion de Bretagne 1949 – 1950)
- Amar-Maleck (Alger – champion d’Afrique du Nord 1944) – match nul
- Sourdain (Rennes – champion de l’Ouest 1944) – match nul
- Fontaine (Rennes)
- Rodriguez (Rennes - champion d’Espagne 1941)
- Gaston Philippe (Tours – champion de Touraine 1936 – 1937 – 1938)
- Paul Prunenec (CEP Lorient – champion de la Marine 1939 ; 28 combats, 21 victoires dont 5 par KO comptabilisés en 1941)
- Roger Lasquellec (1911-1976) (Saint-Nazaire – champion de l’Atlantique 1935 - 1942).
En vieillissant, il ne quitte pas le milieu de la boxe et en parallèle se concentre sur son rôle d’entraîneur. Le 31 juillet 1945, il obtient son diplôme d’aide-moniteur d’éducation physique et sportive au Creps de Dinard, suite à un stage entre le 12 avril et le 28 mai 1945. Il est alors réfugié à Kerguen en Pont-Scorff et il n’est pas encore démobilisé de son engagement militaire. Il entraîne entre autres Henri Dewilde, champion du Morbihan (1948 – 1949 – 1951) catégorie poids super-léger.
Lors de ses séjours à Dinard, il pratique souvent la natation où lors de son premier stage notamment, il est qualifié de bon nageur et plonge de 5 mètres. Il fait preuve d’un excellent esprit, de très bonnes qualités en tant que boxeur, assez faible en course, il est très dévoué et fait toujours tout son possible.
Le 7 septembre 1947, il rencontre à nouveau Le Pennuisic à Pont-Scorff.
Nouveau stage au Creps de Dinard du 16 au 28 mai 1949 à l'issue duquel il devient titulaire du diplôme de Prévôt diplômé de boxe anglaise. Il est alors entraîneur-manager à l’ASAL. Puis en 1954, il obtient à l’Institut National du Sport de Vincennes, le diplôme de professeur de la Fédération Française de Boxe.
Puis il quitte le club de l’ASAL, pour le Boxing Club lorientais (BCL). La déclaration de création du club qui a pour but de développer la pratique de la boxe, a lieu à la sous-préfecture de Lorient le 23 septembre 1954. L'adresse du siège social est le Restaurant de la Poste situé sur le cours de Chazelles. D'ailleurs, Louis Le Garrec conserve dans ses papiers, une licence pour ce club qui lui est délivrée le 31 août 1955 en tant que prévôt diplômé. Dès la première année, le Boxing Club comprend 21 membres.
Outre Henri Dewilde, au sein de l'ASAL ou du BCL, de nombreux boxeurs suivent son entraînement comme Marcel Nado (ASAL), Marcel Étienne (ASAL et BCL), Jean Le Nicardour (ASAL et BCL), Maurice Le Cor, Guy Martin, Roqer Quéau, Claude Gouet, Amar Hamoun, Maurice Bourgoin, Abdelkam Belhacem, Lahcène Hamoum, André Gois, Clair Adami, Henri Yaouanq, Maurice Tanguy, Bernard Botteau, Louis Conan, Jean Roperch, Marcel Le Bail, Jean Mahé (BCL).
Charles Le Garrec termine sa carrière professionnelle à l’Arsenal maritime de Lorient, au grade de charpentier tôlier (Hautement Qualifié) – compagnie VII – 7e échelon. Il prend sa retraite le 1er juillet 1981. Il décède le 27 avril 2007. Sa femme décède le 20 décembre 2023.
Un premier Boxing-Club Lorientais est créé le 5 novembre 1921 dans le but de la pratique de la boxe et de l’éducation physique. Son siège social est situé 87 rue du Port.
Le 24 juin 1983, nouveaux statuts pour le club alors situé au Palais des sports Xavier Le Louarne à Kervaric. Le 1er octobre 2014, nouvelle modification de courte durée avec un siège social à Riantec. Le 14 juillet 2015, le siège du BCL (encore en activité en 2024) s’installe au Centre social de Keryado (24 rue de Kersabiec) et l’entraînement a lieu à la salle Omnisport du Moustoir. En 2022, le club est fort de 300 adhérents, de deux champions de Bretagne et d’un boxeur professionnel, de plusieurs boxeurs amateurs élites. En 2024, le logo du club indique (en anglais) qu’il existe depuis 1958.