Maël Pierre


Charles Causse dit Pierre Maël (1862-1904)
Romancier

Charles, Jean, Théophile, Marie Causse est né le 30 septembre 1862 à Lorient, de Jean, Joseph Causse, âgé de trente ans, économe du Collège de Lorient et de Céleste, Anne Le Gendre, âgée de vingt-deux ans. Il épouse le 5 novembre 1889 à Lille dans le Nord : Léonie Ricour, âgée de vingt-et-un ans. Le couple à cinq enfants dont Frédéric Causse (1892-1951), plus connu comme romancier sous le pseudonyme de Jean d’Agraives. Charles commence ses études à Lorient et impressionne ses amis de classe par son extraordinaire force physique : « À l’âge de 14 ans, il se faisait un jeu, de transporter à bout de bras, d’une extrémité à l’autre de la cour, deux de ses camarades.[1] » Un accident le détourne de la carrière militaire qu’il envisageait et il décide de voyager et de parcourir le monde. À la suite de nombreux séjours à l’étranger, il collabore à différents journaux comme le Journal des Voyages, le Moniteur Universel, La Gazette de France, le Journal des débats. Au sein de cette dernière revue littéraire et politique, il fait la connaissance du journaliste Charles Vincent.  L’entente est si parfaite entre les deux hommes qu’ils décident de s’associer et d’écrire des romans d’aventures sous le pseudonyme de Pierre Maël. Le succès est au rendez-vous et de nombreux ouvrages consacrent nos deux romanciers lesquels se spécialisent au fil des années dans les récits pour la jeunesse vantant les valeurs familiales pour les filles et le courage et l’abnégation pour les garçons.  C’est le cas en 1889 avec Sauveteur, qui met en scène la figure du citoyen sauveteur marin.  La notoriété[2]  des deux auteurs est alors très grande mais Charles Vincent préfère la discrétion et laisse « l’exposition » à Charles Causse qui aime s’afficher avec de nombreuses célébrités et artistes de l’époque. Les gazettes louent son talent et aussi son extraordinaire force musculaire qu’il « cultive » en s’adonnant régulièrement aux exercices physiques. Toute sa vie, il reste fidèle à la Bretagne et aime se ressourcer en famille et recevoir ses amis dans sa villa de la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan. Après quatre-vingt-sept romans à succès, il décède brutalement d’une grippe infectieuse le 22 décembre 1904 à Paris à l’âge de 43 ans. Ce même jour, Le Figaro dans sa rubrique « Les Livres d’Étrennes » fait la promotion des ouvrages de la grande librairie Hachette et loue ses dernières publications dont Le Trésor de Madeleine dernier roman de Pierre Maël ! La disparition du célèbre romancier plonge dans la peine ses nombreux lecteurs et contraint Charles Vincent à poursuivre seul[3] cette belle aventure. Le 30 décembre 1904, Le Figaro fait part de son décès :
« Sous son pseudonyme devenu populaire, il a publié de nombreux romans dont les plus réputés évoquent avec une pittoresque justesse, les scènes de la rude et austère existence qui est celle de nos marins et de nos pêcheurs. Pierre Maël, né en Bretagne, avait en effet appartenu à la marine dans les premières années de sa jeunesse : et de son pays d’origine comme de la noble carrière qu’il suivit tout d’abord, il tenait ce grand amour de la mer, qui fut la meilleure inspiratrice de son talent robuste et sain. La nouvelle de sa mort causera d’unanimes regrets. »

Le retour à Lorient
Le dimanche 1er janvier 1905, il est inhumé dans sa ville natale.  Le Nouvelliste du Morbihan relate les obsèques de l’écrivain et signale « qu’une assistance peu nombreuse a suivi dimanche ses obsèques qui sont passées presque inaperçues. Elles ont été très simples. Le clergé est allé jusqu’à la place du Morbihan à la rencontre du cercueil venant de la gare et le cortège s’est rendu à l’église Saint-Louis où a eu lieu la cérémonie funèbre. Dans l’assistance, des parents et des amis du défunt, parmi lesquels le contre-amiral Puech et plusieurs officiers de marine. » A l’issue de la cérémonie religieuse sa dépouille mortelle rejoint le cimetière de Carnel à Lorient. Carré 11 - Tombe n° 54.

Le 1er février 1921, le conseil municipal attribue le nom de Pierre Maël « célèbre romancier français né à Lorient en 1862 » à une rue de la ville.

 

[1] Le Nouvelliste du Morbihan du 3 et 5 janvier 1905.

[2] Le 30 juillet 1902, Les deux « Charles » décident de préciser les conditions de leur collaboration. Maître Motel, notaire à Paris enregistre la décision des deux hommes :  le pseudonyme de Pierre Maël porté essentiellement par Charles Causse reviendrait en toute propriété à Charles Vincent si son ami venait à disparaître avant lui.

[3] Il décède en 1920.

Recherches et texte de Patrick Bollet

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