Mansion Gustave


Mansion Gustave (1903-1989)
Secrétaire général adjoint de la mairie de Lorient
Directeur de la défense passive

Gustave Paul Théodore Mansion, né à Lorient le 30 novembre 1903 et décédé à Lorient le 19 novembre 1989, est le fondateur des Amis du musée de Lorient, secrétaire général adjoint de la mairie de Lorient, est l'un des artisans majeurs de la défense passive et des secours de Lorient pendant la Seconde Guerre mondiale.

Gustave Mansion entre aux services techniques municipaux en 1932. Le maire Emmanuel Svob le charge d’établir le plan de protection civile de la ville et en 1938, il est nommé directeur de la défense passive.

Mobilisé en février 1940, il rentre à Lorient en juillet et dirige la défense face aux bombardements. En janvier 1943, la destruction de la ville est annoncée. Gustave Mansion demande l’évacuation de la population et organise le départ de plus de 8 000 personnes en février. Un an plus tard, Gustave Mansion est nommé secrétaire général adjoint de la mairie. En août 1944, la Poche se referme et il libère les hommes de sa dernière équipe.

Après la Libération, il publie un ouvrage dont les bénéfices des ventes sont intégralement versés aux sinistrés. En 1952, il reçoit une médaille d’honneur. En 1984, il publie cinq ans avant son décès Agonie d’une ville, Lorient 1940-1944 illustré par les élèves de l’école des Beaux Arts.

« Bombardement du 27 septembre 1940. Les bombes explosives et incendiaires se succédèrent pendant plus de deux heures dans un vacarme infernal de vrombissements, de tirs et d’explosions. Des incendies éclatèrent un peu partout en ville et les demandes de secours affluèrent au poste de commandement. Successivement prenaient feu, le bâtiment de la Justice de Paix, dans la cour de l’Hôtel-de-Ville ; trois immeubles dont un cinéma, rue Jules Le Grand... (...). Au Port de Pêche, les magasins des mareyeurs étaient en flammes. Des habitants affolés, à peine vêtus, couraient, au hasard, dans les rues, n’écoutant pas les conseils des chefs des îlots ou des agents de police. Après avoir épuisé tous les moyens de lutte contre l’incendie, la Défense Passive fit appel aux pompiers de la Marine, puis à ceux des villes d’Hennebont et de Quimperlé, proches de Lorient, par voitures automobiles car dès les premières minutes de l’attaque, tout le réseau téléphonique fut mis en dérangement. De leur côté, les Autorités d’occupation alertaient les pompiers de Nantes. Cependant, les équipes de secouristes recevaient le « baptême du feu ». Pendant des heures et des heures, courbant l’échine, les jeunes brancardiers relevèrent les blessés, les transportèrent dans les postes de secours et, après soins, dans les hôpitaux, par ambulances automobiles. Car les bombes explosives, bombes légères par comparaison à celles qui furent lancées depuis, avaient fait de gros dégâts et un nombre assez grand de victimes. À la Ville-en-Bois, notamment, quartier situé en bordure du Scorff et à proximité de la voie ferrée, des immeubles en torchis s’étaient effondrés, ensevelissant leurs occupants. L’école des filles de la mairie était en partie détruite et un immeuble contigu, donnant sur la rue Traversière, s’était écroulé, faisant 5 victimes. Une aile du lycée Dupuy-de-Lôme était également atteinte, de même qu’une pharmacie du centre de la Ville.

30 morts, 60 blessés, tel fut le bilan de cette attaque. Le jour se leva, éclairant les immeubles en ruines, les magasins aux devantures arrachées et les rues jonchées de pierres, de débris de verre et de lignes électriques et téléphoniques coupées. Lorient venait de vivre une nuit de terreur telle qu’elle devait en revivre malheureusement bien d’autres et combien plus terribles ! »

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