Mareschal Georges


Georges Mareschal (1923 - 1943)
Victime civile des bombardements
Chef d’îlot de la Défense passive

En janvier 1943, l’intense activité des sous-marins allemands provoque l’intervention vigoureuse de Winston Churchill. Il ordonne de « dévaster totalement les zones dans lesquelles sont situées les sous-marins » Aussi, l’ordre est donné au Bomber Command de détruire les infrastructures desservant la base de sous-marins de Lorient. À cet effet, les bombardiers larguent dans la soirée du 14 janvier de nombreuses bombes incendiaires sur la cité devenue en quelques heures la proie des flammes. Ils reviennent le lendemain et reprennent avec encore plus d’intensité les bombardements « on pouvait dénombrer plus de 400 foyers d’incendie. Le Théâtre, l’Hôtel des P.T.T., l’Hôpital Bodélio, brûlaient » mais également les églises Saint-Louis et Sainte-Anne d’Arvor.  Malgré la célérité des secours « vers 22 heures, le centre de la ville était un immense foyer. La lutte contre le feu était difficile. Par suite de la rupture de la conduite principale de 600 m/m alimentant la ville, touchée en plein par une bombe, et d’une panne générale d’électricité, l’eau manquait. Il fallut s’approvisionner en eau dans le bassin à flot, mais de nombreux incendies ne pouvaient être combattus (…) L’atmosphère était irrespirable. Au milieu de la fumée et des flammèches transportées par le vent, des gens à peine vêtus, une valise à la main, dans laquelle ils avaient entassé, très vite, pêle-mêle, les objets les plus chers, fuyaient, éperdus. D’autres, assis sur une malle sauvée à grand-peine, regardaient brûler les maisons.[1] » La ville est ravagée par le feu et de nombreuses victimes gisent parmi les décombres calcinés.  Georges Mareschal, membre de la défense passive et chef d’ilôt est tué accidentellement, à vingt-et-une heures « alors qu’il procédait, avec le plus grand calme et sans souci du danger, à l’extinction d’une bombe incendiaire et explosive en fin de combustion. » Ce jeune étudiant était né à Lorient le 28 septembre 1923, d’Henri, Pierre, Marie Mareschal, âgé de cinquante-trois ans, ingénieur de la marine en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et de Marguerite, Jenny Bourguet, âgée de trente ans. Sa bravoure est signalée le 22 mai 1943 par le maire de la ville de Lorient, Eugène Gallois-Montbrun, au délégué régional adjoint à la jeunesse du gouvernement de Vichy qui souhaitait connaitre « les faits particulièrement dignes d’intérêt, qui se sont passés pendant les bombardements de Lorient et qui sont susceptibles d’être cités en exemple à la Jeunesse Française. »  Il est alors distingué par la médaille d’argent, des belles actions avec le motif suivant : « Peut être cité comme exemple à la Jeunesse Française ; tué au cours du bombardement du 15 janvier 1943, alors qu’il procédait, avec le plus grand calme et sans souci du danger, à l’extinction des bombes incendiaires. » Le 31 janvier 1969, en hommage à son dévouement au service de la population, le conseil municipal de Lorient attribue le nom de Georges Mareschal à une rue de la ville : « Étudiant. Engagé volontaire dans la Défense Passive. Tué en service commandé[2]. »  Il est inhumé au cimetière de Carnel à Lorient. Carré 17 - Tombe n° 21. Mort pour la France.


[1] Mansion, Gustave. « Agonie d’une ville. »

[2] Archives de Lorient.  1D191.

Recherches et texte de Patrick Bollet

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