Marqueissac Marie-Louise de


Marie-Louise de Marqueissac (1902-1944)
Disparue en déportation

Marie-Louise, Henriette de Marqueissac est la fille d’Alexandre de Marqueissac (commissaire de la Marine) et de Clara Héarn qui se sont mariés à Sydney (île du Cap-Breton au Canada). Marie-Louise est née le 9 octobre 1902 à Lorient. Le 6 janvier 1920, elle épouse à Lorient André Pergeaux, né le 22 avril 1897 et originaire de Granville. Parmi les quatre témoins majeurs du mariage se trouve Étienne Aubry, vice-amiral préfet maritime de Lorient et Albert Mony, sous-préfet de Lorient. Le mariage est dissous suivant jugement du tribunal civil de Toulon en date du 31 juillet 1941. La mention est transcrite sur l’acte de mariage le 21 juillet 1944.

Marie-Louise de Marqueissac, est déportée de Bordeaux le 9 août 1944 vers le KL de Dachau (matricule 93896) en tant que déportée politique. Dans les wagons, 660 hommes et 64 femmes sont envoyés vers le camp de concentration. Ce convoi de transport parti le 3 juillet 1944 de Toulouse, arrive à Dachau le 28 août 1944.

Transférée à Ravensbrück, elle est ensuite affectée en tant que travailleuse forcée au kommando de l’usine Pertrix GmbH [filiale d’AFA (future Varta AG)] de Niederschöneweide dans la banlieue de Berlin pour la fabrication de piles sèches et lampes de poche commandées pour la Wehrmacht pour équiper chaque soldat et de batteries pour les détonateurs électriques des bombes à larguer par la Luftwaffe.

Au total, plus de 2 000 personnes originaires de seize pays, principalement des femmes, sont exploitées sur ce site. Contrairement aux personnes internées dans les camps de concentration, ces déportés sont en contact avec la population civile. Toutefois, ils ne bénéficient pas des mêmes mesures d’hygiène et de sécurité, et sans protections et mal nourris, ils sont de fait très exposés aux dangers du plomb, aux contaminations des pâtes électrolytes et à la concentration de gaz acide présente dans l’air de l’usine.

Les conditions de travail et de vie sont particulièrement difficiles pour ses "esclaves". Au sous-camp de Pertrix dans des baraquements en dur, où sont internés ses travailleurs esclaves sous la direction du membre de la SS Conrad Schreiber, les mauvais traitements étaient légion et des punitions, sans discernement et sans raison, d’une brutalité intense étaient monnaie courante de la part du chef du sous-camp. Le mauvais traitement des prisonniers est également dû au directeur du personnel de l’usine familiale Herbert Quandt (membre du conseil d’administration d’AFA depuis 1940). Durant sa direction, la durée de vie de ses travailleurs et travailleuses forcés est de six mois, et chaque mois, il supervise personnellement la mort de 40 à 80 d’entre eux. Le groupe industriel profite de cette main d’œuvre dès 1938 dans ses usines.

Juste après la guerre, le directeur qui ne fait que l’objet d’une enquête, n’est pas interné ni inquiété et son usine va ainsi pouvoir produire des batteries pour les systèmes d’armes britanniques.

Marie-Louise de Marqueissac est aujourd’hui considérée comme disparue en déportation. Personne ne sait à ce jour, si elle est décédée à Niederschöneweide en 1944 ou 1945.

Aujourd’hui, le site abrite un Centre de documentation sur le travail forcé nazi.

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