Jacques Moylan
Jacques Moylan (parfois identifié comme James Moylan) est un irlando-américain, originaire de la paroisse Sainte-Marie à Shandon, diocèse de Cork. Il s'agit d'un négociant, armateur et agent commercial pour les États-Unis, venu de Philadelphie en Amérique et qui s'installe à Lorient en décembre 1777 comme résident permanent du Congrès. Son père Jean Moylan est aussi négociant. Il s'associe avec le français Jacques Alexandre Gourlade pour leur affaire de commerce américain. Dans une lettre datée du 5 mars 1779 à propos de la cargaison de la Bergère en provenance de Virginie, Jacques Moylan décrit les produits arrivés à Lorient. Les produits les plus courants sont de l'indigo, du riz de Charlestown et du tabac de Virginie.
Lorient devient une base logistique importante pour l'indépendance américaine, un poste de transit pour les courriers officiels destinés aux correspondants du Congrès en France mais également un port de transit pour les passagers officiels.
Le 7 janvier 1778, Moylan écrit à Benjamin Franklin pour l'avertir que le Duc de Duras, un navire de 900 tonneauux cosntruit en 1766, racheté par Bérard à la Compagnie des Indes de Lorient, est en vente. Le vaisseaux, rebaptisé Le Bonhomme Richard, subit d'importants réaménagement effectués à l'Arsenal de Lorient. Il est notamment doté de 49 canons pour une capacité de 249 hommes d'équipage.
John Paul Johns qui arrive en France en 1778 est en contact avec Moylan. À la fin de l'année 1778, il arrive à Lorient. Plus que son mandataire, Moylan est son homme à tout faire : il escompte ses lettres de change, fait les avances sur la liquidation des prises pour payer l'équipage, recherche les navires et recrute les équipages et officiers rescapés des attaques britanniques prêt à servir la Marine américaine. Le 1er décembre 1778, à bord du Ranger, Jones quitte Brest pour Lorient où l'accueil Moylan. Le navire reste deux mois en rade de Lorient.
Négociant, Moylan est aussi correspondant des États-Unis de l'amérique septentrionale, un représentant du congrès américain à Lorient lors de la guerre d'indépendance des États-Unis. C'est dans ce cadre que lui et Gourlade adresse le 17 février 1779 une lettre à Benjamin Franklin alors ambassadeur du Congrès américain à Versailles, en résidence à Passy.
Quand Moylan épouse à Lorient Laurence Louise Fermier de La Provotais le 13 avril 1779, Jones n'y assiste pas. En effet, il etait parti sur Nantes en mars, puis à Angoulème et Bordeaux. Il revient sur Lorient juste après le mariage, repart pour Passy vers le 17 ou 18 avril. Il est de retour à Lorient pour le 25 avril et peut alors féliciter son ami pour son mariage. Quelques jours plutard, il organise une réception à bord du Bonhomme Richard en l'honneur d'un envoyé du Congrès, John Adams. Les américains locaux comme Nesbitt, Cummings et Moylan sont invités. De leur union naît à Lorient le 21 novembre 1781 Élisabeth Laurence Marie Julie dont sa marraine est la tante maternelle Julia Moylan présente le jour du baptême. Sur l'acte de baptême de sa fille, le père signe en toute lettre Jacques Moylan.
L'armement de Jones est lancé au printemps 1779 avec pour navire amiral Le Bonhomme Richard. L'expédition qu'organise John Paul Jones est financée par le commerce américain installé à Lorient. À ce sujet, le 21 mai 1779, Moylan s'oppose à un marchand arquebusier qui lui réclame le paiement de 63 fusils baïonnette livrés la veille. Dans la flotte se trouve un corsaire entièrement construit à Lorient Le Grand-ville. Lancé le 26 avril 1770, il est financé par des négociants lorientais avec pour principaux actionnaires Gabriel Lapotaire et Vallée.
Le 12 septembre 1780, l'appareillage de l'expédition étant normalement fixée au 23 septembre, John Paul Johns se rend chez le notaire lorientais Olivier. Il y établit une procuration qui donne tout pouvoir de gérer ses affaires en Europe ou autres lieux à Benjamin Franklin et Édouard Bancroft, tous deux à Passy ; à Jonathan Williams à Nantes ; à Jacques Moylan et Jonathan Nesbitt à Lorient.
Des intempéries en mer au moment du départ reculé une première fois au 7 octobre, repoussent à nouveau l'expédition. Aussi, du 16 octobre au 18 décembre 1780, c'est le retour sur Lorient en attendant des conditions plus favorables. iI revoit ainsi son ami et associé Moylan. Johns arrive à Philadelphie le 18 février 1781.