Muller jean


Jean Muller (1903-1976)
Militaire - homme politique

Jean Henri Edouard Marie Muller est né le 3 juillet 1903 à Dunkerque.

Officier de réserve dans la cavalerie, il participe à la campagne de France au sein du 27e bataillon de chars de la 2e division de réserve en tant que commandant de chars d’assaut de 1939 jusqu’à sa démobilisation en août 1940.

Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, il habite sur Gestel. Sentant la guerre venir, il fait le necessaire pour que sa famille quitte gestel par peur d’éventuels bombardements. La famille Muller s’installe alors dans une ferme au hameau de Kergurioné sur la commune de Crac’h. Quant à lui, il occupe à Lorient, les fonctions d’administrateur judiciaire et y possède un bureau, dans le cabinet de l’avocat François Le Corre qui deviendra un de ses agents de renseignement. Il dispose d’un second bureau à Quimper dans le Finistère.

À l’été 1940, les services de renseignement de Vichy implantent dans le Morbihan plusieurs réseaux de renseignement, notamment le réseau Hector. À l’automne 1940, René Grard est chargé du recrutement morbihannais. Il envoie alors le capitaine Pierre Chazal-Martin parcourir la campagne morbihannaise. Il recrute ainsi une petite dizaine de personne originaire du sud du Morihan dont Jean Muller. Ce dernier devient le responsable lorientais du réseau. En octobre 1940, une messe est organisée à Vannes en mémoire du personnel de la division mort au champ d’honneur en mai et juin 1940. C’est alors qu’il fait la connaissance du commandant René Grard, envoyé personnel du colonel Heurteaux. En janvier 1941, ils sont une trentaine à se retrouver sur Pontivy. Entre temps, les cellules de renseignement ont commencé à fonctionner : Muller pour la région lorientaise, Houel pour les environs de Vannes et Alphonse Duval pour ceux de Josselin. La branche bretonne du réseau Hector est chargée de renseigner les mouvements des troupes allemandes de passage ou stationnées dans le Morbihan Sud ainsi que de suivre les mouvements des sous-marins allemands. Le réseau Hector est neutralisé en zone Nord à partir d’octobre 1941. Les antennes morbihannaises, un temps en sommeil, reprennent leurs activités.

Fin 1942, l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée), créé après l’invasion de la zone libre par l’Allemagne, commence à s’implanter en Bretagne à l’initiative du lieutenant André de Freslon. Début 1943, il recrute Jean Muller et André de Neuville. Neuville est chargé du recrutement de la nouvelle organisation clandestine du côté de Quimperlé alors que Muller commence au cours du premier semestre 1943, la reconstitution de son organisation autour de Lorient et Auray.

À l’été 1943, il est assisté de Paul Manceau, jusque-là affecté au mess des officiers de Châteauroux, et devenu l’adjoint de la structure départementale de l’ORA. Au cours de l’été, il prend la gérance de l’hôtel La Tour d’Auvergne à Auray. Muller, rattache ses hommes à l’ORA pour une forme de lutte plus offensive. Quatre bataillons d’infanterie légère sont mis en place dans le département et installés dans les anciens secteurs du réseau Hector. Au moment du débarquement, grâce à son organisation efficace, aux cadres recrutés encadrant des groupes très divers, sont intégration au sein des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) est évidente.

Prenant part au combat de la libération, il échappe de peu à une arrestation en août 1944. Sous le pseudonyme de Kersulec, il prend la tête du 7e bataillon FFI. Il combat au côté des Américains et le dès le 7 août, il établit son PC sur Hennebont. La Poche de Lorient étant stabilisée à partir du 12 août, commence alors le siège. Le secteur étant découpé en zone, Muller est en charge du secteur centre (Lorient-Nord) à partir du 15 août 1944, avec trois bataillons FFI et une unité d’artillerie américaine. Mi-Octobre 1944, une réorganisation s’opère et la 19e Division d’Infanterie voit le jour. Muller est alors nommé colonel du 118e régiment d’infanterie qui regroupe des unités de résistances du Finistère et du Morbihan. Le 10 mai 1945, lui et ses hommes sont les premiers à rentrer dans Lorient libéré par Quéven puis la commune de Keryado. Les combattants entrent dans la ville par la rue Paul Guieysse.

Après la guerre, il retourne vivre à Gestel. Impliqué dans la vie politique locale, il en devient même le maire en 1964, au décès d’Eugène Guyomar. Confirmé au poste de maire par élection le 21 mars 1965, il le reste jusqu’à son décès.

Il décède le 19 février 1976.

Une rue de Lorient porte aujourd’hui son nom : https://patrimoine.lorient.bzh/histoire/lieux/keryado-saint-armel-kerfichant-le-bourgneuf/la-chartreuse-rues/muller-rue-colonel-jean.

Source :
- Stéphane Le Floch, L'Organisation de Résistance de l'Armée dans le Morbihan 1940-1944. Le cas du 2e bataillon ORA, revue Stratégique, 2012/2-3 (n° 100-101), p. 47-76
- Stéphane Le Floch, La Résistance de l’Armée dans le Morbihan 1940-1944, mémoire de master - 2 Sciences Historiques Philosophiques et Religieuses, 2010

Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto

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