Auguste Nayel (1845-1909)
Sculpteur
Professeur de dessin
Créateur et conservateur du musée de Lorient
Cofondateur de la Société lorientaise des beaux-arts.
Auguste François Joseph Nayel est né à Lorient le 16 mai 1845 et y décède le 16 mars 1909. Il est le quatrième enfant et le benjamin de Joseph Nayel (1801-1874) et de Constance Granger (1808-1878) mariés à Lorient le 28 février 1824.
Le père d'Auguste Nayel, Joseph Nayel est né à Lorient le 20 décembre 1801. Ce fils de capitaine au grand cabotage, s’engage dans la Marine le 9 novembre 1813 en tant que mousse. Novice en 1818, Joseph reste alors à terre. Quand il se marie à Lorient le 28 février 1824, il exerce la profession de boulanger. Le couple habite d'abord au 54 rue de Finistère (rue de Liège) avant d'acheter une maison au 13 rue de la Patrie. À compter du 12 mars 1825, il reprend la mer pour la Marine nationale en tant que matelot. Après de nombreuses campagnes en mer commencées en 1827 dont il tient un journal quotidien de bord (1827-1841), il intègre l’état-major de la flotte de Lorient le 28 août 1844. Nommé agent comptable en 1856, il prend sa retraite le 20 décembre 1859. Malgré plusieurs demandes de promotions de ses supérieures, où notamment ses talents de cartographe de la Marine sont vantés, il n’obtient pas de grade supérieur à celui d'adjudant. Une fois à la retraite, il occupe jusqu’au 20 décembre 1866 la fonction de greffier au près du premier tribunal maritime de Lorient. Il décède le 17 août 1874 à son domicile au 13 rue de la Patrie.
Constance Granger, née à Lorient le 3 septembre 1808 à Lorient, fille de marchand de vins, est orpheline quand elle se marie, de mère depuis le 26 mai 1816 et de père depuis le 16 septembre 1820. Le mariage est autorisé par un conseil de famille enregistré par le juge de paix du premier arrondissement de Lorient le 19 janvier 1824. Elle décède à Lorient le 27 janvier 1878 à son domicile au 13 rue de la Patrie.
Le 1er février 1859, Auguste devient l’élève des cours de sculpture de Monsieur Meslin en tant qu’apprenti sculpteur à l’arsenal de Lorient. Durant, cette période, il peint son premier autoportrait en 1861.
Un témoignage du directeur de l’école Municipale supérieure de Lorient, écrit le 24 janvier 1859, qui ne manque pas d’éloges en ce qui concerne l’élève, à surement aidé à son intégration en tant qu’apprenti : […] le nommé Nayel, Auguste, François Joseph, a suivi pendant quatre ans les cours du dit établissement ; c’est un élève docile, très intelligent, dessinant d’une manière remarquable, et ayant une grande aptitude pour les beaux-arts. Dans les deux dernières années il a rempli avec zèle et avec succès les fonctions de premier moniteur de l’école supérieure dont il est aujourd’hui le meilleur élève.
Le 10 avril 1863, il est congédié à sa demande de l’arsenal de Lorient après avoir acquis dix-neuf mois et quatre jours de service effectif. Dès le 14 avril 1863, il intègre les Ateliers Saint-Joseph à Angers, spécialisés dans la décoration religieuse sur bois. Libéré de tout engagement, Auguste Nayel quitte l’atelier, alors dirigé par François-Alexis Moisseron, le 5 novembre 1864.
En septembre 1865, il reprend ses études à l’école des Beaux-Arts d’Angers sous la direction du peintre Jules Dauban, dont il est considéré comme l’un des élèves les plus brillants. Il obtient d’ailleurs le premier prix de la première division en 1866 puis le premier prix d’académie en 1867. Durant cette période, il travaille dans l'atelier d'un restaurateur angevin iet dans l’atelier du sculteur Henri Chapeau tout deux spécialisés dans le bas-relief religieux. Il réalise entre autre, un tympan pour une chapelle à Saint-Laurent-sur-Sèvre.Ses études terminées, il part quelques mois travailler à Paris puis il revient s’installer à Lorient pour ouvrir son propre atelier. Son premier atelier est installé au 41 rue du Finistère (rue de Liège) et son second atelier sera situé rue de Carnel, perpendiculairement à sa maison de la rue Duguay-Trouin sur laquelle il mettra en façade, des portraits en médaillons sculptés par lui. Ces médaillons représenteraient selon la petite fille d'Auguste Nayel, des artistes dont Raphaël et Léonard de Vinci.
Sa première œuvre connue est une vierge immaculée en plâtre, livrée au couvent de Gourin en août 1868. En avril 1869, il effectue sa première comptabilité qui recense notamment son mobilier, ses plâtres et modèles, ses outils, sa bibliothèque artistique… Artiste complet, les matériaux qu'il aime travailler sont le bois, la terre cuite, le marbre ou le bronze. Bien qu’il dessine beaucoup et qu’il peigne, il est surtout un sculpteur. Possédant une maison à Kerroch, parmi ses dessins et aquarelles, la côte ploemeuroise (Kerroch, Le Courégant, Le Pérello…) est très représentée. Malheureusement l’état de conservation de nombreux de ces documents souvent très abîmés, a rendu une grande partie inexploitable. Ses descendant ont toutefois remis aux archives de Lorient, sa mallette de peintre avec tout ce qu’elle contenait.
Le 9 juillet 1869, il est forcé de faire une pause dans son activité. Il commence son service militaire qui dure un an, six mois et vingt-deux jours. Il participe à la campagne de 1870-1871 contre l’Allemagne et au Siège de Paris.
D’ailleurs, durant ce siège, le système d’élection pour les cadres mobiles le désigne comme lieutenant. Il devient donc officier dans la Garde nationale mobile lors du siège de Paris.
Démobilisé le 1er février 1871, il est de retour à Lorient. Le premier décembre 1872, le colonel Marie-Paulin Tillet établit à son sujet un certificat dans lequel il estime qu’il a mérité par ses services appréciés aussi bien par ses égaux que par ses supérieurs, la proposition au grade de chevalier de la Légion d’honneur qui a été faite en sa faveur le 10 octobre 1871. Pour appuyer son propos, le colonel reprend d’ailleurs les termes de la proposition : M. Nayel Auguste, lieutenant, a d’abord servi dans la Garde mobile comme sergent-major et s’est fait remarquer dans ce grade par son zèle, sa capacité, son aptitude au commandement ; nommé lieutenant par élection le 17 novembre 1870 (siège de Paris), après avoir refusé, par modestie et délicatesse, le grade de capitaine, il a montré dans toutes les affaires (30 novembre, 2 et 21 décembre 1870, 19 janvier 1871), autant d’intelligence que de bravoure ; a commandé, à trois reprises, sa compagnie dans des circonstances difficile ; officier modèle. Le 26 octobre 1877, il est nommé par un arrêté du ministre de la guerre capitaine à la 1ère compagnie du 2e bataillon du 88e régiment d’infanterie territoriale
De retour sur Lorient depuis mars 1871, le 21 juin qui suit, il y épouse Marie Thérèse Antoinette Gauthier. Née à Lorient le 6 janvier 1846, elle est la fille d’un maître plâtrier. Elle décède le 22 juillet 1937 au domicile familial de la rue Duguay-Trouin.
Son activité professionnel, prend son essort en 1874 avec la commande de la municipalité de Lorient pour la fontaine Neptune dite Fontaine monumentale qui sera réalisée en association avec l'architecte Gallot en 1876. L'autre évènement qui va le mettre en avant est le Salon de Paris où il présente son premier buste alors que jusque là, il n'y avait présenté que des sculptures sur bois. D'ailleurs, Auguste Nayel va exposer, quasiment chaque année, au Salon de Paris à partir 1875. D’abord des bustes puis à partir de 1880, des sujets qui ne sont plus que régionalistes. Le premier buste qu’il présente au Salon de Paris en 1875, est un plâtre de Louis Bodélio, médecin qui a marqué la vie lorientaise lors des épidémies de choléra au XIXe siècle. Une terre cuite de ce buste est conservée aux archives de Lorient depuis 2021.
Louis Bodélio qui n’est pas insensible à l’hommage qui lui est rendu, écrit au dos d’une photographie du buste en plâtre, prise par le photographe lorientais Jules Sébire, un poème :
« à Auguste Nayel
à l’auteur de ce buste, au sculpteur de génie,
à son œuvre oserai-je offrir une copie
sans verve et sans chaleur près de l’original ?
Loin du ciel de Brahma, moi, pauvre fils du Gange,
Que son habile main a tiré de la fange,
Et, pétrissant la glaise, a rendu presqu’égal
au Grand Boudha qui rêve en sa splendeur première,
au brillant Curyâh, l’archer, dieu de lumière.
Puissent longtemps encore, pour charmer les humains,
De nombreux avatârs éclore sous ses mains !
Puisse le grand Vischnou, maître de la victoire,
Bénissant ses efforts, le couronner de gloire ! »
En 1876, Nayel expose au Salon, un buste, en plâtre rose, de Victor Le Diberder, médecin à l’hospice de Lorient et ami de Louis Bodélio. (Le 20 décembre 1834, le conseil municipal demande au ministre de l'Intérieur, l'attribution des médailles d'honneur en faveur de messieurs Louis Bodélio, Victor-Mathurin Le Diberder et Eugène-Francis Bouchant, en récompense du zèle et de la belle conduite qu'ils ont montrés pendant la première et la deuxième épidémie cholérique. Le 17 mai 1835, les médailles accordées par le gouvernement aux trois praticiens ayant fait preuve de zèle et de courage lors de l'épidémie leurs sont remises).
Ce buste, est commandé en octobre 1875 au sculpteur, par le fils de Victor, Henri Pierre Marie Le Diberder, médecin du bataillon de gardes mobiles lorientais puis médecin de l’hospice de Lorient. Ils sont amis depuis qu’ils ont combattus ensemble durant la guerre de 1870. L'année suivante, Henri commande un autre buste à son ami Auguste : il s'agit alors de son propre buste commandé en janvier 1876 ainsi que notamment un piédestal en bois marbré. Les Archives de Lorient ont fait l’acquisition du buste de Victor Le Diberder en 2021.
En 1876, Le sculpteur réalise sur les plans de l'architecte Stéphen Gallot, la fontaine en pierre blanche, dite Fontaine monumentale ou fontaine Neptune, située à l'angle des rues du Morbihan (actuelle rue Maréchal Foch et Paul Bert). Après la guerre, une partie des vestiges de la fontaine très endommagée, est récupérée par un entrepreneur chargé du déblaiement de la zone et de nos jours, la vasque se trouve dans une propriété privée. En 1882, il réalise une terre cuite intitulée le Buste de Marie. Il s'agit d'un buste représentant son épouse. Exposé au musée municipale de Lorient, il est détruit durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
En 1887, il est à nouveau associé à Stéphen Gallot pour réaliser les attributs lyriques du piédestal de la statue Victor Massé. Il est composé de deux parties : un refuge de forme elliptique construit en pierre du Blavet et carrelé en carreaux de Maubeuge, et la partie inférieure en granit de Bretagne (granit bleu) sur laquelle il est prévu de faire reposer une grille. La lyre qui orne ce piédestal est ornée d’une lyre enlacée d’une palme et d’un bouquet de rose. Le journaliste Rinaldus écrit : Le piédestal, en beau granit choisi, est assis sur deux marches ; il est composé d’une base moulure Renaissance. Cette base est surmontée d’un gros dé, heureusement galbé et sans prétention aucune, puis d’une corniche à moulures gracieuses, d’un style correct et de bon goût.
Des écritures en lettres dorées sont visibles sur deux faces. Sur sa face principale, est inscrit en lettres antiques : A Victor Massé - Né à Lorient le 7 mars 1822 - Mort à Paris le 5 juillet 1884. Sur sa face postérieure : Ce monument a été élevé à la mémoire de Victor Massé par ses admirateurs et la ville de Lorient le 4 septembre 1887. La statue perdra sa main et serait restaurée une première fois par Auguste Nayel avant de la reperdre.
Après le décès du colonel Marie-Paulin Tillet, il travaille sur un monument commémoratif qui n’est pas réalisé. Les inscriptions prévues sur le monument sont :
Les Mobiles du 1er bataillon du Morbihan à leur colonel Tillet officier de la Légion d'honneur Souvenir du siège de Paris 1870 - 1871.
Marie, Paulin, Louis Tillet, né le 27 mai 1822 à Soissons dans l’Aisne, décède à Lorient, le 18 janvier 1888. Il est inhumé au cimetière de Carnel à Lorient. Carré 31 -Tombe n° 39. Concession à perpétuité concédée par la ville de Lorient à la demande des officiers de la garde mobile du Morbihan. Conseil municipal du 11 février 1888.
Le 18 décembre 1895, le conseil municipal vote un crédit de 300 francs pour l'acquisition du buste de Louis Bodélio auprès du sculpteur Auguste Nayel et un crédit de 500 francs pour l'érection d'un monument en son honneur dans l'un des faubourgs de Lorient. La ville fait donc l’acquisition du buste en plâtre qui est présenté, dès le mois de février 1896, dans le salon d’honneur de l’Hôtel de ville. Ce buste est par la suite déposé au bureau de bienfaisance. Sauvé des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, il est conservé dans les locaux du Centre hospitalier de Bretagne Sud.
Le 15 septembre 1897, ce même conseil vote un crédit de 1 000 francs pour la reproduction en bronze du buste du docteur Louis Bodélio réalisé par Auguste Nayel et laisse la commission des Beaux-Arts décider de l'emplacement de ce monument dans la ville. Le buste, placé sur un piédestal en granit est moulé dans la fonderie de bronze d’art de Ferdinand Barbedienne à Paris. Le buste est officiellement inauguré le 14 juillet 1898 avec la fanfare des sapeurs-pompiers dans un square qui jouxte le cours de Chazelles. Le square prend alors la dénomination de square Bodélio. Réquisitionné durant la Seconde Guerre mondiale, le bronze est fondu. Une réplique en plâtre du buste est conservée à l’hôpital du Scorff du Centre hospitalier de Bretagne Sud.
Son ami Alphonse du Boutiëz de Kerorguen écrit que le Théâtre municipal lui doit également les décorations de la façade donnant sur le cours de La Bôve lors de travaux de rénovation menés par Stéphen Gallot.
Au sein d’un Comité, il œuvre également à la mise en place de la grande exposition générale Internationale de Lorient qui se déroule à La Nouvelle-Ville d’août à octobre 1903. À l’occasion du centenaire de la naissance du poète Auguste Brizeux, un comité dont Auguste Nayel est le trésorier, est créé pour organiser des commémorations à Lorient en 1903. Puis en 1908, il va réaliser sa dernière œuvre, en hommage à celui pour qui il a un culte particulier, le Médaillon de Brizeux qui orne le monument à Brizeux au pont de Kerlo à Arzano.
Il réalise les sculptures du fronton de l'immeuble du commerce À Jean Bart ou habite alors le céramiste Bouquet. Ses oeuvres, alors d'inspiration dues à sa fascination pour les maîtres italiens, sont également visibles sur la façade de sa propre maison.Outre des œuvres publiques, ils réalisent de nombreuses commandes pour des particuliers et des familles de notables lorientais (pièces religieuses, bustes, statuettes, petits bas-reliefs mureaux en bronze, meubles sculptés et manteaux de cheminées représentant souvent des scènes de vie de bretons en costume traditionels…) : familles Le Pontois, Boy, Braccini, Ouizille, Cottenseau, Le Diberder… Certaines de ses réalisations de mobilier, intègrent de la terre cuite.L'un d'eux est conservé au musée départemental breton de Quimper. Pour ses productions, il collabore avec de nombreux corps de métiers : marbriers, ébénistes, plâtriers... Il commercialise ses statuettes notamment sur Paris. Dans son activité de statuaire, il réalise plusieurs tombes dans les cimetières lorientais.
Parallèlement à son activité d’artiste, il aime à transmettre son savoir.
Il crée en 1869 un cours privé et gratuit de dessin, de sculpture sur bois et de modelage. Le 15 décembre 1869, le conseil municipal accepte sa proposition de diriger gratuitement un cours de dessin public et gratuit. Le 16 avril 1881, le maire de Lorient lui établit un certificat stipulant qu’il a tenu ce cours de décembre 1869 au mois de mars 1877, et qu’il a reçu en 1874 un témoignage de reconnaissance pour les services rendus à ses concitoyens. Il précise que le témoignage de reconnaissance est composé d’une collection de modèles en plâtre, alors conservés dans l’atelier du sculpteur.
Son cours rouvre en novembre 1881, et le 25 septembre 1882, il est nommé par arrêté municipal, directeur du cours de dessin devenu cours municipal.
Le 11 décembre 1882, il est nommé par arrêté ministériel, professeur de dessin au lycée de Lorient. Durant cette période, il rencontre Constantin-Henri Bermyn (1867-1945), enseignant, peintre et sculpteur originaire de Roubaix, qui en tant que collègue, professeur de dessin au lycée de Lorient, réalise un tableau de Marie Nayel (née Gauthier) : une huile sur toile, intitulée à Madame Nayel réalisée en juillet 1894.
Le 1er octobre 1907, alors professeur agrégé de dessin d’imitation et géométrique de première classe, il quitte le lycée pour la retraite.
Le 1er octobre 1903, il est nommé professeur du cours de modelage et de sculpture. Dès le lendemain, la Ville de Lorient ouvre, dans une des salles du musée, des cours gratuits de dessin appliqué aux arts et à l'industrie, dispensés par Auguste Nayel.
En récompense de son travail dans l’enseignement, il reçoit le 12 janvier 1895 les palmes académiques en tant qu’officier puis le 14 juillet 1907, la rosette d’officier de l'Instruction publique.
Pour lui, l’éducation semble aussi passer par la transmission et l’accès à la culture. Le 29 avril 1879, le musée de Lorient est officiellement créé par délibération du conseil municipal. Il est installé au-dessus de la halle au pain, place Saint-Louis (actuelle place des Halles Saint-Louis), à côté de l’église Saint-Louis. Celui qui est le premier conservateur du musée, est officiellement nommé à ce poste, par arrêté préfectoral, le 17 mars 1887. Il occupe ce poste jusqu’en 1907. Pour l'acquisition d'oeuvres pour le musée Nayel se sert de son réseau. Ainsi, il participe à des dîners mensuels parisiens et des concours annuels regroupant bretons et normands organisés par la socité La Pomme, fondée par P. Sébillot en 1877. Charles Ogé qui lui succède aura alors la charge du transfert du musée à la salle Dousdebès au quartier de la Nouvelle-Ville.
Avec notamment Stéphen Gallot, il est l’un des cofondateurs de la Société lorientaise des beaux-arts, créée le 19 mars 1908.
Un an après, le 16 mars 1909, Nayel décède, emporté par une hémorragie cérébrale.
À ses obsèques, le premier à prononcer un discours d’une voix très émue, selon le journal Le Nouvelliste du Morbihan, au nom de l’association lorientaise des beaux-arts, est son collaborateur et surtout ami, l’architecte et artiste Stéphen Gallot : […] Toujours sur la brèche, Nayel avait en dernier lieu élevé à Arzano une statue en l’honneur du poète Brizeux pour lequel il avait un culte particulier. Avant de quitter cette tombe, nous voulons saluer la parfaite et digne compagne de notre excellent ami. C’est au moment où ils allaient jouir d’une retraite si dignement gagnée, et où leur cher fils, cet officier travailleur et consciencieux comme son père, devait rentrer en France, heureux de retrouver les siens et de voir se réaliser de chers projets, que la mort est venue brusquement séparer ces cœurs si tendrement aimés. Votre vie aura été bien remplie, mon cher Nayel, elle aura été celle d’un artiste, d’un travailleur et d’un homme de bien. […]
Pour Renan Saïb (un des pseudonyme d’André Degoul, ancien professeur de mathématique, journaliste et écrivain régionaliste), président du Comité du Cinquantenaire de Brizeux, dont une lettre est lue: […] combien le nom de Nayel est lié à celui du barde d’Armor, avec quel dévouement, quelle inlassable complaisance, quelle volonté de bon aloi, Nayel a travaillé avec nous tant en 1903 qu’en 1908 à glorifier la mémoire du poète de Marie […] Son buste de Marie, son groupe de Primel et Nola, ses lutteurs de Scaër et tant d’autres petits chefs d’œuvres, c’est de la poésie de Brizeux traduite dans de la terre que ses doigts savaient revêtir de toute la beauté du poème. Encore un bon, un excellent breton qui est parti pour l’autre Bretagne.
Monsieur Le Grand, président de l’Association amicale des professeurs du Lycée, après avoir lu la lettre de Renan Saïb, s’exprime à nouveau : […] nous autres professeurs déplorons aujourd’hui la perte si imprévue […] Au cours de sa longue carrière, il ne s’est trouvé en effet, parmi ses nombreux collaborateurs, personne qui aurait entretenu avec lui les plus affectueux rapports, personne qui n’ait cessé de le tenir en haute estime pour sa droiture, sa modestie, son obligeance et son désintéressement. Ce n’est cependant pas à ces seules qualités que M ; Nayel devait la sympathie et l’autorité dont il jouissait parmi nous. Il s’était encore fait apprécier de chacun par son dévouement à la cause de nos intérêts professionnels. Dès la première heure nous l’avons compté sur les rangs de notre Amicale et nul n’a montré plus que lui d’assiduité à ses réunions.
Ses œuvres, d’inspiration régionale de la fin du XIXe siècle ont un intérêt documentaire pour notamment la précision des costumes traditionnels, les silhouettes de marins... Ces terres cuites dont beaucoup sont détruites durant la Seconde Guerre mondiale, illustrent ces thématiques chères à son cœur : Deux vieux Bretons (1881), Marie (1882), La Récolte de pommes de terre (1885)… Son travail est un témoin des moeurs bretonnes.
Autres œuvres :
- Les Contes de la veillée
- Lutteur de Scaër (statuette exposée au musée de Brest)
- Rosace pour le plafond d’honneur de l’hôtel de ville de Lorient (détruite durant la Seconde Guerre mondiale)
- Buste d'Élodie La Villette
- Buste du jeune Yannic
- Primel et Nola (couple inspiré de l'œuvre d’Auguste Brizeux)
- Vierge colossale de Chenillé-Changé (Maine-et-Loire)
- Femme à l'antique (terre cuite conservée au Musée départemental breton de Quimper)
- Buste en marbre ornant la tombe du curé Joseph Charil au cimetière de Carnel (1882)
Et d'autres scultures non localisée : le Braconnier breton (avant 1909), Pêcheuse de crevettes,Matelots, Jeune bergère, Homme en uniforme, Jeune femme à la mandoline, Saint-Yves, Sardiniers, Joueur de bombarde, Homme de Pont-Aven en Bragou-Braz, Couple de breton et leur enfant, buste de bretonne, Muse, Ange, un Africain, une Africaine, une pendule.
L'immeuble Jean Bart, sa maison de la rue Duguay-Trouin, la fontaine Neptune, le socle de la statue Victor Massé, le buste du square Bodélio, ses oeuvres conservées au musée de Brest et au musée de Lorient, disparaissent toutes lors des intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
La Société des beaux-arts de Lorient lui rend hommage lors de son Salon annuel du 14 au 22 février 2009. Un second hommage lui est rendu en 2015. Un premier hommage lui était rendu en 1909 au Salon de la société lorientaise en présentant des oeuvres de l'artiste à peine décédé, notamment par son buste cravaté de deuile rappelant " à ses compatriotes les traits d'une personnalité dont Lorient avait lieu d'être fière.