Proteau Guillaume


Guillaume - Marcellin Proteau (1772-1837)
Maréchal de camp
Vicomte
Commandeur de l’Ordre royal de la Légion d’honneur
Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis

Sur terre, sur mer

Guillaume Proteau est né le 2 mai 1772 à l’île de Groix (Morbihan), de Pierre, Augustin Proteau[1], pilote, âgé de vingt-sept ans et de Marie Julienne Noël, âgée de trente ans. L’île est une pépinière de marins et le jeune Guillaume vibre aux récits des expéditions de son père, capitaine de la Compagnie des Indes.  Il préfère la mer aux cours dispensés par un vieil oncle, prêtre à la retraite à Groix et envisage de naviguer. Le 10 mars 1788, il embarque sur le Maréchal de Ségur, navire de la Compagnie des Indes et vogue vers les Indes orientales. Enthousiasmé par ce premier voyage, il reprend du service sur un nouveau bâtiment du commerce et part le 28 janvier 1791 pour les côtes de l’Inde et l’Amérique. En son absence, de nombreux bouleversements affectent la ville de Lorient devenue la place forte du patriotisme et sur son île natale, l’église Saint-Tudy, est rebaptisée temple de la Raison !

L’officier de marine
Le 1er février 1793, la Convention déclare la guerre à l’Angleterre et la marine militaire « embauche. » Reconnu bon citoyen et désirant servir son pays, il passe avec succès le concours d’officier et part le 22 novembre 1793 comme aspirant à bord du vaisseau Tyrannicide, commandé par le Lorientais Alain Dordelin (1764-1826). L’année suivante, il participe à la bataille du 13 prairial an 2 (1er juin 1794) opposant les flottes françaises et britanniques au large d’Ouessant. C’est pour le jeune enseigne de vaisseau, le baptême du feu et il se fait déjà remarquer par sa bravoure et son sang-froid. Après diverses affectations à la mer, il rejoint comme lieutenant de vaisseau, la frégate La Résolue qui s’apprête à participer à l’expédition d’Irlande. Le Directoire souhaite aider Théobald Wolfe Tone (1763-1798), chef des patriotes irlandais unis, en rébellion contre les Britanniques qui occupent l’île. À cet effet, le 16 décembre 1796, le vice-amiral Morard de Galles (1741-1809) quitte Brest à la tête d’une flotte imposante pour la baie de Bantry dans le comté de Cork en Irlande. Il doit y débarquer les 15 000 soldats[2] qui sont à bord sous le commandement du général Lazare Hoche afin de renforcer la rébellion irlandaise et chasser les Britanniques d’Irlande. C’est un plan ambitieux mais une violente tempête disperse et malmène les navires arrivés dans la baie de Bantry empêchant le débarquement des troupes.  Alors que les éléments se déchainent, la frégate « La Résolue » est percutée (22 décembre) par le vaisseau Le Redoutable. Devant les importants dégâts occasionnés par cet abordage, le contre-amiral Nielly (1751-1833) qui avait mis sa marque sur la frégate doit demander du secours et des ordres au vice-amiral Bouvet de Précourt (1753-1832), mouillé au milieu de la baie sur la frégate « L’Immortalité ». Malgré une mer impétueuse et un épais brouillard, le contre-amiral Nielly fait mettre à l’eau sa chaloupe personnelle et confie cette périlleuse mission au lieutenant de vaisseau Proteau. Ce dernier en compagnie des meilleurs marins du bord tente de rejoindre L’Immortalité mais les bourrasques de vent repoussent l’embarcation et l’équipage à terre.  Peu de temps après leur débarquement le jeune officier et les marins sont fait prisonniers[3], alors que la flotte y compris La Résolue - sous gréement de fortune - regagne piteusement la rade de Brest. La désastreuse expédition se traduit par la perte de 12 navires, la mort d’environ 1500 soldats et marins et de nombreux prisonniers de guerre aux mains des Anglais. C’est le cas du lieutenant de vaisseau Proteau qui est traité avec beaucoup de courtoisie par les autorités ennemies, il est vrai que sa connaissance de la langue anglaise est très appréciée et la presse de Londres « parle » de son intelligence, de sa fermeté de caractère et de sa politesse. Sa captivité n’est pas très longue et lors d’un échange de prisonniers, il rentre (1797) en France. Après diverses affectations à la mer, il reçoit le 18 avril 1799, le commandement de la corvette le Vautour. Il sert en Méditerranée au sein de l’escadre franco-espagnole des amiraux Bruix (1759-1805) et de Mazarredo (1745-1812) où il assure la communication entre les deux amiraux. Le 24 septembre 1799, il est nommé capitaine de frégate et reçoit le commandement de l’Indienne qu’il faut remettre en état, enrôler et former l’équipage avant de quitter le port du Havre pour rejoindre Cherbourg et la Corogne.

Napoléon Bonaparte
Après le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) Napoléon Bonaparte est nommé Premier Consul. L’accession du général marque la fin de la Révolution et le début d’une ère nouvelle. Le changement n’est pas encore perceptible pour le commandant Proteau qui poursuit son engagement au service du pays en rejoignant l’escadre du contre-amiral Dumanoir Le Pelley (1770-1829) à Cadix en Espagne. L’escale n’est pas très longue car après les préliminaires de paix signés avec l’Angleterre (1er octobre 1801) le Premier consul « lance » une expédition à Saint-Domingue afin de reprendre possession de la colonie administrée par le général Toussaint-Louverture qui s’est débarrassé de la tutelle française et le ramener à l’obéissance. Le 24 décembre 1801, l’amiral Villaret-Joyeuse (1747-1812) « accompagné » du commandant en chef de l’expédition, le général Leclerc, beau-frère de Bonaparte, quittent Brest afin de rétablir l’ordre sur l’île. Les escadres du contre-amiral Ganteaume (1755-1818) venant de Toulon et du contre-amiral de Durand-Linois (1761-1848) venant de Cadix cinglent chargés de troupes vers Saint-Domingue. Le commandant Proteau à bord de « l’Indienne » fait partie du « voyage » au sein de la Division Linois et arrive le 24 février 1802 à Saint-Domingue. Après des combats acharnés et sanglants, l’ordre est rétabli et le général[4] rebelle arrêté. L’opération accomplie, « l’Indienne » rentre à Brest et fait face aux Anglais qui ont repris les hostilités. Le 24 septembre 1803, Guillaume Proteau est promu capitaine de vaisseau et le 4 février 1804, il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Quelques mois plus tard (23 septembre 1804), Napoléon Bonaparte, l’Empereur des Français, le nomme officier de la Légion d’honneur. C’est la consécration pour le capitaine de vaisseau qui en profite pour épouser (en présence du contre-amiral Alain Dordelin) le 12 novembre 1804 (21 brumaire an 13) à Brest : Thérèse, Guillemette Durand, âgée de trente-deux ans. Toujours à bord de la frégate « l’Indienne », il effectue quelques missions et retrouve à Brest en 1806 les vaisseaux : Jean-Bart et Tourville au sein d’une division d’intervention prête à tout moment à appareiller contre l’ennemi.  En attendant la confrontation, il prépare son équipage et maintient la discipline à bord et à terre ce qui n’est pas le cas du reste de la garnison : « Monsieur le capitaine de vaisseau Proteau, commandant la frégate l’Indienne, n’a cessé et ne cesse de donner continuellement des preuves de son zèle et de son dévouement pour le service de sa Majesté. Il est parfaitement secondé par son état-major, qui mérite beaucoup d’éloges. Son équipage est bien discipliné et plein de bonne volonté[5] » et prêt à prendre la mer. Le temps de l’action est venu et le 21 février 1809, une dizaine de vaisseaux quittent Brest sous le commandement du contre-amiral Willaumez (1761-1845) « chargé de ravitailler les colonies en troupes et en vivres » pour les Antilles. Il doit être rejoint par différentes escadres à Lorient et Rochefort. Mais rien ne se passe comme prévu et l’escadre se réfugie à l’ile d’Aix. Attaqué par la flotte anglaise disposant de brûlots, le commandant Proteau quitte le mouillage au milieu des flammes, de la fumée et des explosions et après s’être échoué - sans espoir de secours - met avec tristesse le feu à sa frégate pour ne pas la laisser aux mains de l’ennemi. C’est la fin d’une longue aventure avec « l’Indienne » et peut-être la fin de sa carrière car il est traduit devant le conseil de guerre avec d’autres officiers pour la perte de leurs vaisseaux. Le 8 septembre 1809 : «Le conseil le décharge d’accusation à l’unanimité et le condamne, néanmoins, à trois mois d’arrêts simples dans sa chambre, comme peine de discipline, pour avois mis avec trop de précipitations le feu à la frégate l’Indienne qu’il commandait, sans en avoir donné avis préalablement au général. Le conseil ordonne que l’épée du capitaine Proteau lui sera remise par monsieur le Président.[6] » Rétabli dans ses fonctions, il reçoit en 1811, le commandement du 17e équipage de flottille impériale comprenant 48 petits bâtiments à Brest.

L’officier de l’armée de Terre
En prévision de la campagne contre la Russie, l’Empereur a besoin des marins (convoi de bateaux pour transporter les hommes et les vivres, surveillance des voies navigables, construction des ponts et passage des rivières) et mobilise les équipages des flottilles. Aussi, le 22 mars 1812, Guillaume Proteau quitte Boulogne à cheval à la tête des marins du 17e bataillon pour une longue marche afin de rejoindre la Grande-Armée à Dantzig.  La troupe arrive le 29 mai et est chargée de la sécurité de la navigation intérieure. Au mois de septembre, le capitaine Proteau est envoyé avec ses hommes faire le siège de Riga mais en cours de route, il est dérouté sur la ville de Libau (Courlande inférieure) sur la mer Baltique avec pour mission de surveiller la côte et d’empêcher tout débarquement. Pendant ce temps, les troupes napoléoniennes confrontées aux fortes chaleurs et aux épidémies progressent difficilement face à un ennemi qui se dérobe continuellement et brûle maisons et récoltes sur son passage.  Pourtant, le 6 septembre 1812, sur les bords de la rivière Moskova, les troupes russes acceptent la confrontation. 

 « Soldats, voilà la bataille que vous avez tant désirée ! Désormais, la victoire dépend de vous : elle nous est nécessaire. Elle nous donnera l’abondance et un prompt retour dans la patrie ! »

Munis de ces fortes paroles de Napoléon, les soldats se lancent le lendemain, 7 septembre à l’assaut des forces ennemies. La bataille de La Moskova est particulièrement sanglante (30 000 soldats français tués, blessés ou prisonniers - 40 000 soldats ennemis tués, blessés ou prisonniers) mais la « fuite » des Russes du champ de bataille ouvre la route de Moscou. Une semaine plus tard, l’Empereur entre dans une ville désertée par ses habitants qui est livrée aux flammes. Malgré l’occupation de son pays, le Tsar n’est pas décidé à traiter !  De guerre las, Napoléon donne le 19 octobre, l’ordre de la retraite mais le chemin du retour alors que l’hiver est déjà installé, est terriblement meurtrier pour la Grande-Armée qui perd encore une grande partie de son effectif !  

« Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! L’Empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.

Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.[7] »

C’est bien un troupeau qui rentre précipitamment tentant d’échapper au « général hiver » et aux colonnes russes qui le harcèlent mais la traversée périlleuse et dramatique de la rivière Bérézina (26-29 novembre 1812) permet à Napoléon et à la Grande Armée de se dégager d’une situation délicate !  Le 21 décembre 1812, le colonel Proteau à la tête du bataillon de marins quitte également ses positions et prend la route tout en ayant au préalable réquisitionné des chevaux et des traîneaux pour emporter les malades, les blessés et des provisions. Après de nombreuses péripéties, il réussit à ramener ses hommes - sans trop de pertes - le 5 avril 1813 à Mayence.  Après la désastreuse campagne de Russie, il quitte le service actif et est nommé à l’état-major général. Il participe aux nombreuses batailles qui jalonnent l’année 1813 : la bataille de Lützen, le 2 mai, la bataille de Bautzen, les 20 et 21 mai, la bataille de Dresde, les 26 et 27 août, la bataille de Leipzig, du 16 au 19 octobre et la bataille de Hanau, le 30 octobre.  Le 5 novembre 1813, il est nommé général de brigade et commande le grand quartier général lors de la campagne de France qui se termine le 6 avril 1814 par l’abdication[8] de Napoléon à Fontainebleau et par son départ pour l’île d’Elbe. Les Bourbons reviennent ! Le 3 mai 1814, Louis XVIII entre triomphalement à Paris. Le général Proteau donne son adhésion et se tient à la disposition du nouveau pouvoir qui le fait chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis (août 1814).  Au mois d’octobre, Louis XVIII l’envoie en mission en Prusse afin de faciliter le retour des prisonniers français de Russie. Il s’acquitte de cette médiation à la satisfaction générale et à son retour, le roi lui fait part de sa satisfaction.  

Le vol de l’aigle
Mais, le 1er mars 1815, le débarquement de Napoléon au Golfe Juan et le ralliement des troupes envoyées pour le combattre provoquent le départ des Tuileries de Louis XVIII.

« La victoire marchera au pas de charge ; l’aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame. »

Dans sa proclamation au peuple français et à l’armée, Napoléon a fixé le programme !   Aussitôt, l’Angleterre, la Prusse et l’Autriche relancent la guerre contre l’usurpateur. Pour sa part, Guillaume Proteau rejoint l’Empereur qui le nomme commandant du département des Hautes-Alpes et de la place de Briançon où il s’oppose aux troupes du duc d’Angoulême. Quelques mois plus tard (21 mai 1815), il reçoit le commandement de la place de Cherbourg qu’il met en état de siège (4 juin). La garnison « comportait 2589 hommes de l’armée d’active et des gardes nationaux mobiles, 1000 hommes des troupes de la marine, les gardes urbaines, 1400 hommes et les pompiers.[9] » Il organise la défense en consolidant et en érigeant des fortifications autour de la ville, en occupant les différentes redoutes par la garde nationale et en mettant en état d’alerte le port de guerre redoutant une attaque par mer des Anglais. Il multiplie les patrouilles de jour et de nuit et s’oppose à toutes les tentatives de déstabilisation. L’autorité dont il fait preuve permet au port de guerre d’échapper aux convoitises des Anglais. Lorsqu’il connait (18 juin 1815) la défaite de Napoléon à Waterloo, il en informe par voie d’affichage la population. Il souligne la nouvelle abdication de l’Empereur et demande aux habitants de se ranger « sous le drapeau tricolore pour défendre l’indépendance de la Patrie. »  L’incertitude règne et sans nouvelles de Paris, le général Proteau maintient la ville en état de défense et décide : « Je ne laisserai approcher l’ennemi en aucun cas et je ferai continuer de tirer sur celui qui se présentera à la portée de canon. »  Le 13 juillet 1815, il fait hisser le drapeau blanc sur les principaux édifices de Cherbourg car Louis XVIII est bien de retour ! Malgré la réinstallation du roi sur le trône de France, les troupes prussiennes se présentent le 10 août 1815, devant Cherbourg et demandent expressément au général Proteau d’évacuer la place et de se retirer derrière la Loire avec la garnison. Ce dernier refuse et informe le ministre de la Guerre qu’il est décidé à ne pas les laisser entrer sans ordre formel. Devant l’intransigeance manifestée par Proteau, les Prussiens organisent le blocus de la ville et espèrent faire plier ce général peu conciliant. Après de nombreuses tractations, les troupes prussiennes lèvent le camp dans la nuit du 23 au 24 septembre.  Cherbourg après 45 jours de siège échappe aux convoitises des Anglais et des Prussiens. Le 5 novembre 1815, le conseil municipal de Cherbourg remercie vivement le maréchal de camp Proteau et lui offre une épée d’honneur. Il est maintenu en activité à Cherbourg jusqu’au 1er janvier 1816 mais suspect au gouvernement royal, il est mis en non-activité et en demi-solde. Il manifeste sa loyauté et malgré ses vigoureuses protestations, il est placé sous surveillance et interdit de séjour à Paris. Par contre, il est autorisé à se retirer à Lorient. En juin 1816, il retrouve les rivages de son enfance et s’apprête à profiter après une carrière exceptionnelle d’un repos bien mérité. Mais l’inactivité lui pèse et après de multiples démarches, il est nommé le 2 septembre 1818, lieutenant du roi, commandant la place de Calais afin de veiller à l’embarquement de l’armée anglaise. Il est ensuite affecté[10] comme commandant  de la 20e division militaire du Lot-et-Garonne à Agen (1821-1823), commandant de la 21e division militaire de la Nièvre à Nevers et Limoges (1823-1829), puis à Saint-Lô dans la Manche (1829-1831), département où il fait rétablir le drapeau tricolore après la chute des Bourbons et l’avènement de Louis-Philippe d’Orléans, c’est ensuite Mende en tant que commandant du département de la Lozère (1831-1832) et Lyon jusqu’en 1834 comme commandant du département du Rhône. Le 1er septembre 1834, c’est la retraite après vingt ans dans l’armée de mer et vingt-et-un ans dans l’armée de terre. Il se retire définitivement dans le quartier de Kerentrech à Lorient. 

Le cimetière de Carnel
Le 21 septembre 1837, le vicomte Proteau, maréchal de camp en retraite, commandeur de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis décède[11] à Lorient.  Il est inhumé au cimetière de Carnel. Carré 35 - Tombe 28. Sur la pierre tombale quelques lignes nous rappellent l’étonnante carrière du marin et du soldat de l’Empire aujourd’hui totalement oublié :

SUR MER SUR TERRE - CHERBOURG 1815
A LA MÉMOIRE
DU MARÉCHAL DE CAMP
VICOMTE PROTEAU
NÉ A GROIX LE 2 MAI 1772
DÉCÉDÉ A KERENTRECH
LE 27 7bre 1837

La ville de Cherbourg honore le général Guillaume-Marcellin Proteau, commandant de la place militaire de Cherbourg pendant les Cents jours en donnant son nom à la caserne d’infanterie « en mémoire d’un marin devenu général d’Empire. L’île de Groix donne son nom à une rue de l’île et le 9 novembre 1963 le conseil municipal de Lorient (maire Louis Glotin) se souvient du maréchal de camp et lui attribue le nom d’une rue de la ville.


[1] Le 1er mars 1779, son père est nommé capitaine des canonniers garde-côtes de l’île de Groix.

[2] Certains auteurs évoquent 21 000 hommes.

[3] Richard White, le capitaine du détachement qui fait prisonnier le lieutenant Proteau reçoit comme « récompense » la chaloupe amirale. Il la conserve soigneusement dans sa maison familiale et en 1944, ses descendants remettent le trophée au Musée national maritime d’Irlande.  La chaloupe tombe dans l’oubli mais en 1985, un américain qui recherche une embarcation emblématique afin d’organiser une manifestation maritime pour le centenaire de la statue de la Liberté à New York est séduit par les lignes de « la yole de Bantry. »  Les plans dressés et la voilure dessinée, deux répliques (l’une est offerte à La France) de la chaloupe personnelle de l’amiral Nielly participent à la course organisée sous le nom d’Atlantic Challenge. Depuis 1986, cette compétition se déroule tous les deux ans dans différentes baies en Europe ou en Amérique. La chaloupe amirale d’origine est aujourd’hui exposée au Musée national d’Irlande à Dublin.  

[4] Le général Toussaint-Louverture est emprisonné le 23 août 1802 au fort de Joux dans le Doux. Il y décède le 7 avril 1803.

[5] Fabien Gigon. Un Marin Soldat. Le général vicomte Proteau.

[6] Le Propagateur. Le 25 octobre 1809.

[7] Victor Hugo. Les châtiments.

[8] Le 5 avril 1814, Napoléon nomme le général Proteau : commandeur de la Légion d’honneur.

[9] La Vigie de Cherbourg. Le 20 décembre 1920.

[10] Le 17 août 1822, le baron Proteau est fait vicomte par Louis XVIII.   Ses armes portent : « d’or, à l’ancre en bande accolée d’une gumène, le tout au naturel, chef de gueules à l’épée en fasce, d’argent montée d’or, accolée d’une couronne de laurier de sinople.  L’écu timbré d’une couronne de vicomte. » Il prend pour devise « Sur terre, sur mer. » Archives Nationales -Titres et armoiries (1808-1961).

[11] Son épouse née le 23 août 1772 à Lorient décède le mois suivant (24 octobre 1837) et le rejoint au cimetière de Carnel à Lorient.  

Recherches et texte de Patrick Bollet

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