Rita Strohl (1865-1941)
Pianiste et compositrice
Rita Strohl est le nom d'artiste d'Aimée Marie Marguerite Mercédès Larousse La Villette née à Lorient le 8 juillet 1865.
C'est la fille de l'artiste peintre lorientaise Élodie La Villette (1842-1917) et de Jules La Rousse La Villette. Elle est aussi la nièce de l'artiste peintre Caroline Espinet (1844-1910).
En 1878, son père devenu colonel est nommé à Paris. La famille quitte la maison sur le port de Portivy à Saint-Pierre-Quiberon, choisie par le colonel pour permettre à sa femme Élodie de peindre et de tenir salon, où viennent notamment Romain Rolland ou encore Corot.
Douée pour la musique, Rita rentre au conservatoire à l’âge de 13 ans. Elle y suit des cours d’écriture, d’harmonie, de chant et de piano. Seul le solfège, pour lequel elle n’hésite pas à faire l’école buissonnière, ne lui plait pas. Elle écrit très jeune et le directeur l’autorise à présenter aux examens certaines de ses compositions. D’abord de la musique de chambre, puis des trios, des quatuors. Elle écrit sa première symphonie à vingt ans qu’elle intitule Jeanne d’Arc. Œuvre jouée mais dont il ne reste aucune trace, Rita Strohl ayant brûlé l’œuvre car elle ne la juge pas digne de son talent.
En 1888, Rita épouse l'enseigne de vaisseau Émile Strohl (1863-1900) dont elle gardera le nom. Il l’encourage à composer et elle va plus se consacrer à son art qu’à ses enfants. Ce dernier, atteint d’une septicémie, décède en 1900. En 1893, Rita Strohl donne un grand concert au profit de l'œuvre de charité maternelle à Lorient. Après le décès de son époux, venant plus souvent à Paris, sa carrière prend son envol. Elle écrit notamment La Forêt, La Mer, des symphonies pour deux orchestres qui sont jouées par l’orchestre, apprécié à l’époque, des concerts Lamoureux. Saint-Saëns, Chausson, Henri Duparc, Vincent d’Indy ne tarissent alors pas d’éloges pour elle.
Sa tante, Caroline Espinet, accueillera à Lorient les deux filles de Rita Strohl. Rita quant à elle, se remarie à Meudon en 1908 avec le maître verrier et mélomane Richard Burgsthal (pseudonyme de René Billa) de vingt ans son cadet. Rita Strohl crée avec lui en 1912, le théâtre de La Grange à Bièvres dans l'Essonne, à 15 kilomètres de Paris. Elle a alors décidé d’abandonner les symphonies pour se consacrer au genre de l’opéra. Dans ses créations, un cycle celtique qui est un opéra divisé en cinq opéras de deux heures d’inspirations bretonnes. En 1913, elle crée La Femme pécheresse, trop couteux en décors et aux critiques hostiles. La salle de spectacle ferme dès le début de la Première Guerre mondiale. Le vivant comme un échec, elle quitte Bièvres et part s’installer dans le midi. En 1930, son époux la quitte pour une femme plus jeune. Elle s’installe alors au village de La Gaude à Vence (Alpes-Maritimes).
Une fois dans le midi, elle compose de moins en moins. Elle tombe peu à peu dans l’oubli. Son ami Jane Bathori, lui consacre une émission de radio en 1939 mais pour autant, elle ne revient pas sur le devant de la scène. Rita Strohl a composé plusieurs pièces lyriques, symphoniques et de musique de chambre. Appréciée par Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, interprétée par Jane Bathori et Pablo Casals, honorée par Pierre Louÿs et Henri Duparc, elle vit loin des mondanités parisiennes et peu de ses œuvres ont été éditées ou enregistrées. Son œuvre la plus connue est une sonate pour violoncelle et piano intitulée Titus et Bérénice.
Elle décède le 27 mars 1941 à La Gaude.
Le 23 mars 2022, son nom est donnée à une rue de Lorient dans le quartier du Bois-du-Château.