Liliane Tanguy (1926-1944)
Secrétaire
Résistante
Morte pour la France le 12 juillet 1944 à Quistinic
Tanguy Liliane (1926-1944)
Secrétaire
Résitante
Médaille de la Résistance avec rosette
Liliane Tanguy née à Argenteuil le 31 janvier 1926 (Val-d’Oise, ex-Seine-et-Oise)), était la fille aînée de Georges Tanguy et de Marguerite Desjobert. Après des études au collège de jeunes filles de Lorient, elle travaille comme secrétaire dactylographe chez Giband et de Laigue.
Réfugiée à Pont-Douar, en Kernascleden, avec ses parents et sa jeune sœur Nicole, Liliane Tanguy, comme le firent d’ailleurs plusieurs de ses amies, s’engagea dans les FFI en avril 1944, comme agent de liaison, rôle astreignant, ingrat, voire périlleux. Suivant les nécessités, elle transmit, de jour comme de nuit, ses messages auprès de résistants. Liliane, alias « Danièle » (matricule N° 52 327), n’hésita pas aussi à participer directement aux combats, mitraillette à la main, notamment le 25 juin à Saint-Tugdual.
Le mercredi 12 juillet, après trois mois de vaillants services au sein du maquis, Liliane Tanguy connut une fin tragique.
Dans un bois situé un peu plus haut que le château de la Villeneuve-Jacquelot, une infirmerie avait été aménagée par le maquis, dans une petite église que l’on appelle la chapelle du Cloître. Cet hôpital de campagne était dirigé par un jeune étudiant en médecine. Une infirmière de Riantec, Fernande Uzel, le secondait dans sa tâche.
Ce mercredi 12 juillet, à l’ombre d’un grand chêne, Liliane était assise sur un banc avec un camarade parachutiste à une dizaine de mètres de la chapelle. Exhibant imprudemment et maladroitement une arme, son ami lui logea une balle en pleine poitrine. Malgré toute la volonté et tous les efforts du jeune médecin du maquis, rien n’y fit, la blessure était mortelle ! Des patriotes désemparés, s’empressèrent auprès d’un menuisier pour la fabrication d’un cercueil, probablement à Quistinic. Appelé sur les lieux du drame, l’abbé Eugène le Floch, recteur de la paroisse, récita les prières d’usage et bénit le corps avant qu’il ne fût enterré dans le bois, à une cinquantaine de mètres de l’édifice religieux. L’abbé Joseph Goubin, vicaire de Kernascleden, se rendit au domicile de la famille Tanguy, afin de la soutenir dans cette rude épreuve.
Au cours du mois d’août, les parents accompagnés de l’abbé Goubin, vinrent chercher la dépouille de leur malheureuse fille. Le cercueil fut transporté d’abord sur une charrette jusqu’à une route carrossable puis une voiture prit le relais. Le vendredi 11 août, l’abbé Audo, recteur de la paroisse, célébra l’office religieux.
« Danièle » fut d’abord inhumée à Kernascleden où les honneurs lui furent rendus par la Résistance. En juin 1946, le corps fut transféré au cimetière de Kerentrech à Lorient (C42 p 26).
Le 27 juillet 1947, Mme Tanguy reçut à titre posthume pour sa fille Liliane, la médaille de la Résistance avec rosette des mains du général de Gaulle venu commémorer le souvenir des combattants de la bataille de Saint-Marcel. Le nom de Liliane Tanguy est inscrit sur le monument de Kerdinam en Quistinic.
Durant de longues années, des fleurs furent déposées sur la fosse délimitée par des pierres où avait été inhumée Liliane près de la chapelle du Cloître. Elle avait 18 ans et demi. C’était une « jeune fille très belle, d’une extrême gentillesse, souriante et toujours gaie ».