Tourry Georges (14/05/1904 - 16/07/1991)
Architecte
Antoine Georges Lucien Tourry né à Paris le 14 mai 1904 est le fils de JeanTourry et de Julie Vendel.
Ingénieur sorti de l’école polytechnique de Paris en 1924, il suit ensuite l’enseignement de l’école des Beaux-arts où il suit les cours de Gustave Umbdenstock et Paul Tournon. Admis en deuxième classe le 16 mars 1927, il entre en première classe le 22 juillet 1929. Il obtient son diplôme d’architecte DPLG (diplômé par le gouvernement) le 17 février 1931. Il devient professeur d’architecture à l’école nationale des ponts et chaussées.
Il ouvre son cabinet à Paris 15e de 1935 à 1951. Il est connu pour avoir construit de grands ouvrages publics tel que des ponts et notamment celui du Carrousel à Paris, celui de Joinville, des aéroports et aérogares (Chartres, Le Bourget, Le Havre), des hôpitaux militaires (Dijon, Morhange), des stades scolaires (Montreuil à Paris). Il a également à son actif, le plan d’urbanisme de Chesne et des agglomérations du canton de Chesne.
Il est agréé par le Ministère de la reconstruction et de l'Urbanisme pour le département de La Seine et pour Lorient : Lorient dès 1943 et Paris 16e en 1967.
Sorti vainqueur de l’appel d’offres pour la reconstruction de Lorient, il est nommé architecte et urbaniste en chef dont le contrat est signé le 30 août 1943. Il a des idées ambitieuses et audacieuses pour Lorient mais il doit revoir la copie de son plan à plusieurs reprise. On dénombre pas moins de cinq plans différents entre 1943 et 1950, avec cependant une permanence de deux éléments : le zonage, séparation nette de la partie d’habitation des zones industrielles de la ville ancienne, ainsi qu’un plan de circulation efficace par la création de nouvelles percées et le franchissement de la voie ferrée. Il propose une reconstruction déplacée sur Larmor-Plage mais dès la première réunion du 24 novembre 1943, les Lorientais s’y opposent unanimement. Avec ce projet, son idée était de laisser la totalité de l’emplacement du Lorient détruit à la libre extension de l’arsenal, du port de pêche et du port de commerce.
À défaut, Georges Tourry tente un déplacement au niveau de l’anse du Ter, puis finalement le recentrage, place Jules Ferry déplaçant de mille mètres seulement la zone administrative de la ville.
Le 7 février 1944, deuxième présentation publique du projet corrigé devant une assistance fournie. Des craintes apparaissent cependant sur l’implantation de la grande artère des boulevards de Normandie et Blum ainsi que sur la zone verte du parc des sports du Moustoir qui bien qu’elles soient acceptées, laissent apparaître le spectre des expropriations.
Le 11 janvier 1945, une délégation lorientaise présente le projet à Raoul Dautry au ministère de la reconstruction. Une dernière réunion y a lieu le 11 avril 1946. Ce jour-là le plan est mis au point pour être accepté par le ministère le 28 novembre 1946. Suite à de nombreuses corrections notamment sur le tracé des voies, le comblement complet du bassin à flot et le déplacement de l’église de la paroisse Saint-Louis, un nouveau plan est approuvé le 29 avril 1948.
Il faut attendre 1950 pour qu’un nouveau plan de remembrement soit publié. C’est sur ce plan qu’apparaît pour la première fois la courbe de la banane, la sphère des halles de Merville, la forme carrée de la place Aristide Briand, le déplacement du théâtre au bout de la place Jules Ferry (palais des congrès). Sur ce plan général de la ville, le centre urbain n’est plus la place Jules Ferry comme le souhaite l’urbaniste mais bel et bien comme le désiraient les commerçants, la place Alsace-Lorraine.
Tourry apparaît comme un orateur de grande envergure. Un brin de diplomatie le rend capable, sinon de rallier l’assistance à son point de vue, de trouver l’argument réconfortant pour chacun. Il laisse le souvenir de quelqu’un avec qui l’on peut discuter, et qui reconnait le talent même s’il est opposé à son point de vue. Peu importe que l’îlot soit ouvert ou fermé, si le projet est bien fait, il le défend. Il n’impose rien, ce qui passera plus tard pour être son principal défaut. Il fait entièrement confiance à Jean-Baptiste Hourlier, tout en gardant un œil sur tout, visant particulièrement l’esthétique des permis du centre-ville. Comme pour Paul Lindu, qui l’assiste pour étudier le plan de regroupement régional entre Lorient et les communes alentours, un autre confrère natif de la région lui est adjoint en tant qu’architecte en chef : André Guillou. Le géomètre Robert Choquard est désigné le 15 mars 1943 pour dresser les premiers relevés qui ont été établis.
À Lorient, il se place dès le début dans le camp des architectes plutôt que dans celui de la municipalité. Ainsi, lorsqu’en 1957, on tente de le relever de ses fonctions au profit de l’urbaniste Claude-Hugues Boistière, une pétition signée par dix architectes lorientais réclame son retour dont une majorité du courant moderniste.
Estimant largement le talent d’Hourlier, Prix de Rome, il découvre dans Félix Le Saint l’émule de la charte d’Athènes, l’esprit qu’il espère pour faire évoluer l’architecture de Lorient. Pour l’anecdote, à partir de 1949, il fait la tournée des chantiers plusieurs fois par mois avec une 2CV qu’il laisse en permanence à Lorient. Lorsqu’il y habite, il loge dans une baraque américaine située dans l’ancien square Nail (en-dessous de la place Aristide Briand à l’emplacement de l’avenue du Faouëdic).
Après avoir achevé sa mission à Lorient, Georges Tourry se distingue à nouveau par la construction de bâtiments publics comme les hôpitaux de Besançon, Nantes ou Mulhouse, le centre de tri des PTT boulevard Brune à Paris ou encore des universités.
Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, architecte des PTT, maître de conférence à l'École polytecnique (1946 à 1960), professeur à l'École nationale des points et chaussées, membre de la SADG (1939 à 1955), chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie.