Riquin Raymonde
Déportée NN
Raymonde Élise Riquin (épouse Vadaine) est née à Lorient le 28 décembre 1914 à Lorient. Elle est reconnue en mairie à Lorient, par sa mère Élisa Louise Victorine Riquin, le 16 février 1916. Son père, Auguste Rabouan est sur le Front. Après la guerre, la famille s’installe à Brest où le couple donne naissance à un troisième enfant en 1923.
Marchande foraine, Raymonde tient un stand de tir et se déplace dans les foires de la région brestoise. Puis en juin 1936, elle épouse à Brest André Vadaine, ouvrier à l’arsenal de Brest, avec qui elle s’installe à Saint-Pierre-Quibignon. Avec son mari qui milite très activement au parti communiste depuis 1936, elle participe aux actions de solidarité envers l’Espagne républicaine. En octobre 1939, elle adhère au PCF passé dans la clandestinité suite à l’accord germano-soviétique.
En août 1940, elle participe au vol de l’arme d’un soldat allemand ivre. Au début de l’année 1941, elle diffuse la presse clandestine, et tract auprès des soldats allemands contre le nazisme. Avec d’autre militante, elle travaille aux tâches ménagères dans un garage de l’arsenal de Brest où elles sabotent des véhicules. Après y avoir volé un pistolet à la demande de Jean-Louis Primas, elle quitte la région de Brest quelques mois. De retour sur Brest, elle a intégré les FTP. Elle réussit à se faire embaucher à la pyrotechnie de Saint-Nicolas (Relecq-Kerhuon). Cela lui permet de dérober de la matière afin de confectionner des explosifs. Et en août 1942, avec Mari Salou, Venise Gosnat, Pierre Corre, André Berger, Joseph Ropars, Albert Abalain, A. Rolland, Albert Rannou, Étienne Rolland, elle fait voler en éclat la vitrine de la Légion des volontaires français (LVF) dans la rue de Siam.
Elle continue à lutter dans la clandestinité. Elle porte plusieurs pseudonymes : Michèle, Maude Micheline, Gertrude. Entre juin et septembre 1942, une vaste opération est organisée en Bretagne contre toute les formes de résistance. Son mari est arrêté le 1er octobre 1942. Il est condamné à quinze ans de prison et est déporté à la prison de Karlsruhe puis à la prison de Sarrebrück.
Raymonde est arrêtée par le police française le 28 octobre 1942. Jugée par les autorités françaises, elle est emprisonnée. Remise aux Allemands, elle est déportée NN (Nacht und Nebel) depuis la garde de l’Est à Paris le 27 septembre 1943. L’expression Nacht und Nebel (nuit et brouillard) traduit la décision de Hitler de condamner tout opposant au régime nazi.
Elle est déportée vers la prison de Karlsruhe. Ce sera une succession de lieux d’emprisonnement. À Paderborn où se trouve une prison et un camp de travailleurs civils, la prison d’application de peine de travaux forcés pour femmes d’Anrath (femmes NN et femmes de passage non NN), puis elle est envoyée à Breslau (Wrocław en polonais) où se trouve alors le tribunal spécial habilité à juger les affaires NN à compter du 15 novembre 1943. Elle est ensuite internée dans la prison de travaux forcés pour femme de Jauer (Jawor en polonais) à 60 kilomètres de Breslau dans un ancien château. Cette prison reçoit notamment des femmes NN jugés à Breslau. Il se dit qu’elle aurait tué un soldat allemand durant sa déportation.
Dernier lieu de transfert, la prison d’Aichach (région de Munich). Tout comme la lorientaise Marguerite Daron (Renézé-Émery), elle y est libérée le 29 avril 1945. Très affaiblie, elle se retire tout d’abord dans le midi avant de venir s’installer dans la région parisienne. Elle est faite chevalier de la Légion d’honneur.
Elle décède à Fleury-Mérogis (Essonne) le 25 août 2001.
Pour en savoir plus : https://www.resistance-brest.net/article1373.html