Waquet Louis


Louis Marie Antoine Waquet (1851-1935)
Docteur en médecine
Chevalier de la Légion d’honneur
Officier de l’Instruction publique
Médaille d’or de l’Assistance publique
Médaille d’argent des épidémies

Louis, Marie, Antoine Waquet est né le 14 juin 1851 à Amiens dans la Somme, de Antoine, Nicolas Waquet, âgé de vingt-quatre ans, maître-adjoint à l’Ecole normale et de Louise, Désirée Bonnelye, âgée de dix-neuf ans. Quelques années après la naissance de son fils, Antoine Waquet est nommé professeur au collège Chaptal à Paris et en 1867, il est promu inspecteur de l’enseignement primaire à Lorient. Le jeune Louis découvre une ville agréable en plein développement et entre au lycée Impérial de Lorient. Excellent élève, il poursuit ses études à la faculté de médecine de Paris (1871) tout en travaillant comme maître d’études au collège Chaptal puis comme médecin interne à l’infirmerie de ce prestigieux établissement. Le 28 septembre 1876, « le soldat réserviste (classe 1868), actuellement Médecin interne au Collège Chaptal à Paris[1] », épouse à Lorient : Marie Joséphine Guermeur, âgée de dix-neuf ans, née le 8 mars 1857 à Lorient.  L’année suivante, il soutient sa thèse sur « les anévrismes des membres » et installe son cabinet médical à Lorient. Il habitait 30, rue des Fontaines où naissent ses neuf enfants avant de s’installer 10, rue de l’Union à Lorient, juste en face de l’habitation de son confrère et ami le docteur Louis Bodélio[2].

Le médecin
Dès son installation, le jeune médecin est confronté à la misère et à la pauvreté mais également à l’excessive mortalité qui touche principalement la classe ouvrière. Face à ce constat, il s’engage résolument comme médecin du Bureau de Bienfaisance et des Hôpitaux (1880), afin de secourir les plus démunis. Il est également sensible aux maladies infantiles qui tuent trop de jeunes enfants. La parution d’un ouvrage anglais « Manuel pratique des maladies de l’enfance » édité en 1880 par le professeur anglais Edward Ellis répond à ses interrogations et lui permet de mieux soigner les différentes pathologies qu’il rencontre. Maîtrisant parfaitement les subtilités de la langue anglaise, il entreprend de traduire[3] cet important ouvrage afin d’en faire profiter ses collègues médecins. Il est encore « en première ligne » face aux épidémies qui régulièrement déciment la ville. En quelques années de pratique médicale, il affirme sa réputation et est sollicité pour exercer au sein de nombreux organismes. Il est médecin-adjoint[4] du lycée (1882), médecin de la société de secours mutuels des ouvriers menuisiers de Lorient (1879-1933), médecin de l’hôpital civil (1890).  Il fonde en 1892, un laboratoire de bactériologie rattaché à l’Hôtel-Dieu et succède au docteur Hyacinthe Duliscouët[5] au bureau d’hygiène (1907), il est aussi membre et secrétaire de la Commission sanitaire de l’arrondissement et directeur du Bureau d’Hygiène de la ville de Lorient.

La Première Guerre Mondiale
Au début de la guerre 1914-1918, Mme Waquet s’investit au sein du Comité de la guerre alors que son mari remplace à l’hôpital Bodélio, un collègue mobilisé. Il assure également la direction de l’hôpital auxiliaire n°2 de la Croix Rouge situé à la salle des fêtes. Après les premiers combats de nombreux blessés et mutilés sont accueillis dans les hôpitaux de la ville où « tous ces braves meurtris par la guerre sont soignés et réconfortés. Devant leur détresse, une école professionnelle de rééducation des mutilés de la guerre sous l’égide du département s’ouvre, rue Jules-Simon à Kerentrech dans la villa La Julia. Cet établissement sous la responsabilité du docteur Waquet dispense des cours d’instruction générale et un enseignement manuel. Les formations enseignées concernent différents métiers comme : la bourrellerie et la cordonnerie, la taille de la pierre, la coupe et la confection d’habits, la reliure, l’horticulture, la fabrication de socques et de sabots, la voilerie, l’ébénisterie, petite menuiserie, sculpture sur bois, la fabrication de jouets, la peinture en voitures, l’horlogerie et la bijouterie.[6] » En même temps, il fait partie des membres de la commission départementale des mutilés et réformés de la guerre. Le 3 novembre 1920, il est fait chevalier de la Légion d’honneur pour : « Services distingués dans l’exercice de ses fonctions et notamment pendant la guerre où il a fait preuve, en faveur de toutes les œuvres d’intérêt social, du plus entier dévouement. A crée et dirigé sans aucune rétribution, l’école de rééducation professionnelle qui fonctionne à Lorient depuis le 6 mars 1916 et dans laquelle un très grand nombre de mutilés de la guerre ont déjà été rééduqués.[7] » Après le conflit, il reprend « plus » tranquillement son activité de médecin au service de la population et au fil des ans coule des jours heureux dans cette ville qu’il aime parcourir à la recherche du temps passé !   

Une véritable manifestation de reconnaissance
Le 21 octobre 1935, il décède au 10 rue du docteur Bodélio à Lorient à l’âge de 84 ans. Le lendemain, Le Nouvelliste du Morbihan titre : « Une grande figure lorientaise vient de disparaitre. La nouvelle de la mort du docteur Waquet est de celles qui consternent et plongent, pour quelques instants, ceux qui l’apprennent, dans une douloureuse et muette stupeur. N'ayant, malgré ses 84 ans bien sonnés, rien perdu de sa haute taille, ni de la sérénité de son visage accueillant, il semblait être destiné à demeurer encore bien longtemps au milieu de nous. Les années passaient sur son front, en le frôlant sans le toucher. Nous ne le verrons plus passer avec une démarche demeurée impeccable et avoir, à chaque pas, un salut d'une amabilité qui ne se démentait jamais pour les innombrables personnes avec lesquelles il était lié de sympathie. C'était une très pure incarnation de la vieille politesse française et eut-on ignoré ses innombrables mérites de médecin de l'enfance et de spécialiste de l’hygiène sociale que, des quatre coins de notre cité, tous se seraient accordés pour lui apporter ce témoignage. » Le mercredi 23 octobre, ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Louis, en présence de nombreuses personnalités dont le sous-préfet, le maire Emmanuel Svob et son prédécesseur Jules Le Grand, mais également par de multiples délégations civiles et militaires, du corps médical, de la Croix Rouge, de l’Union mutualiste, d’élèves du lycée Dupuy-de-Lôme dont il était le Président des anciens élèves, des congrégations religieuses, des orphelines de la Providence sans oublier l’impressionnante participation de la population lorientaise venue rendre hommage à un homme « toujours prêt à risquer sa vie pour ses semblables. » A l’issue de la cérémonie religieuse le cortège funèbre rejoint sous une pluie pénétrante le cimetière de Carnel où il repose à proximité de la sépulture de son ami le docteur Bodélio.  

 Le 30 mars 1936, le conseil municipal de Lorient attribue un nom de rue à Louis Waquet dont « l’opinion, toute de mesure, de pondération, de conciliation était très écoutée » mais surtout afin de remercier et d’honorer le médecin, dévoué aux autres, dont la totale implication lors des épidémies de choléra (1893), de fièvre typhoïde (1902) et de variole méritait amplement l’hommage de sa ville de cœur. Le 14 août 1940, son épouse décède et pour Le Nouvelliste du Morbihan : « Mme Waquet n’avait cessé de consacrer la plus grande activité aux œuvres charitables de notre ville. Son nom était respecté à l’égal de celui de son mari, le regretté Docteur Waquet dont le dévouement et la bonté ont laissé un durable souvenir. » Elle le rejoint au cimetière de Carnel à Lorient.   Carré 36 - Tombe n° 80.


[1] Archives de Lorient. 2E85.

[2] Le 28 décembre 1887, le décès du bon docteur attriste la population. Lors de ses obsèques les cordons du poële sont tenus par le maire de la ville, Laurent Roux-Lavergne, les docteurs Louis Waquet et Louis Thomeuf et maître Montrelay.  Dès l’annonce de son décès, le conseil municipal rebaptise la rue de l’Union, rue Louis-Bodélio. Conseil municipal du 28 décembre 1887. Archives de Lorient. 1D32

[3] La première édition traduite par Louis Waquet parait en 1882.

[4] Il est médecin titulaire en 1916.

[5] Il décède le 18 juillet 1907 à Lorient.

[6] Bollet, Patrick. Au Cœur de la Grande Guerre avec les Lorientais Morts pour la France. Ville de Lorient, les Archives, 2014.

[7] Base de données Léonore. Dossier LH/2746/16

Recherches et texte de Patrick Bollet

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