Wechsler Saly


Wechsler Saly (dite Mitzi Moceanu ?) (1906-1942)
Morte en déportation

Saly Wechsler est née le 1er juillet 1906 à BrÏla (Roumanie). Recensée comme juive, elle réside à Lorient au 2 rue de la Cale Ory dès octobre 1940 (rapport de police du 31 mars 1942).

Le 3 juin 1942, conformément à la circulaire du préfet du Morbihan du 2 juin 1942, elle se rend au commissariat central de police de Lorient pour signer un état des personnes de race juive ayant reçu l’insigne prévu par ordonnance allemande du 28 mai 1942. Dix-huit personnes dépendant du commissariat sont recensées et une seule ne se présente pas.

Déportée le 4 novembre 1942 par le convoi n°40 de Drancy vers Auschwitz.

Les 9 et 10 octobre 1942, une grande opération d’arrestations de Juifs qui n’ont pas la nationalité française a lieu sur le territoire occupé : 1 965 Juifs sont arrêtés. Aucune limite d’âge n’est fixée pour les personnes arrêtées. Chaque individu a le droit de prendre avec lui é couvertures, é paires de chaussures, le strict nécessaire de toilette et un peu de nourriture. Les juifs sont arrêtés à leur domicile et acheminés vers des centres de rassemblement. Le 14 octobre à 14h00, un train de Rennes avec pour destination la gare du Bourget-Drançy. Le 15 octobre à 13h00, la police parisienne assure le transfert des prisonniers Juifs vers le camp de Drancy. Le camp est devenu depuis mars 1942, le camp de rassemblement et de transit en vue de la déportation de tous les Juifs de France. 63 convois avec 67 000 personnes au total vont provenir de ce camp jusqu'en juillet 1943. De Drancy, il est prévu trois départs de convoi ferroviaire devant contenir chacun entre 800 et 1 000 personnes pour les dix premiers jours de novembre. Le 2 novembre, les départs sont autorisés : 4 novembre, 6 novembre, 9 novembre. Total : 3 000 personnes.

Acheminés en autobus à la gare du Bourget-Drançy, les déportés du 4 novembre sont embarqués dans des wagons à bestiaux. Le 4 novembre à 8 h 55, le train DA 901/35 quitte la gare du Bourget-Drancy pour Auschwitz avec 1 000 Juifs à bord. Saly Wechsler est à bord.

Hanz Catz, Juif de nationalité hollandaise, décrit les conditions du transport dans le train : Ce ne paraissait pas terrible. Le plancher de bois était propre… Ce qui nous préoccupait le plus c’était évidemment les fenêtres. Il y avait deux ouvertures horizontales à peu près un mètre cinquante du plancher… Nous avons cru que ça serait facile de s’évader… On pouvait également ramper dans la voiture à l’échelle menée à la voiture du chef de train, dans le fond du wagon. Je me suis précipité à trouver une place à côté d’une fenêtre. C’est-à-dire que je me suis rendu là (à la fenêtre) et j’ai déclaré que c’était ma place. Dans un coin il y avait des pains et des boîtes de conserve. Nous étions 55 dans la voiture. Au centre, il y avait un seau rempli d’eau, mais comme il n’y avait pas de seau hygiénique nous avons utilisé une boîte de biscuits pour nos besoins. Nous avons cru que le train partirait bientôt et que nous nous évasions le soir même, mais sept heures plus tard il faisait déjà noir et le train restait toujours immobile. Le départ s’est fait seulement le lendemain. Cette nuit fut extrêmement méprisable. On ne pouvait s’asseoir sans s’engourdir tout le corps. J’ai essayé de me mettre debout à côté de la fenêtre en raison de la puanteur. Les gens se sont plaint que je bloquais l’entrer de l’air dans la voiture. Tous ceux qui essayaient de se rendre aux toilettes la nuit devaient trouver son chemin avec ses mains afin d’éviter de toucher les femmes assises à côté de la boîte… Théo avait la responsabilité de vider le seau… Le matin, nous tentions de mieux nous organiser. Nous avons réarrangé les valises pour que les gens puissent s’asseoir dessus. Chaque déporté avait une bouchée d’eau. Le train partit nous ne savions pas vers où il serait dirigé.

Le train se dirige vers Auschwitz et va traverser de nombreuses communes : Noisy-le-Sec (Seine), Épernay (Marne), Châlons-sur-Marne (Marne), Révigny (Meuse), Bar-le-Duc (Meuse), Lérouville (Meuse) pour arriver à 20h20 à Novéant-sur-Moselle (Meuse) rebaptisée Neuburg et qui marque alors la frontière avec l’Allemagne depuis 1940. La Schutzpolizei-Kommando ou Schupo, la police de protection de l’État, prend en charge le convoi.
Le train passe par Metz aux alentours de 21 h 50. Puis nouvelles traversées de ville, allemande cette fois, Saarbrücken, Mannheim, Frankfurt/Main, Fulda, Erfurt, Leipzig, Dresden, Görlitz. Et la Pologne : Liegnitz (Legnica), Neisse (Nysa), Cosel, Katowice (Kattowitz).

Le 6 novembre 1942, les portes des wagons s’ouvrent à Auschwitz.

269 hommes sont sélectionnés pour les travaux forcés et tatoués sur l’avant-bras gauche des matricules 73482 à 73219. 92 hommes supplémentaires sont tatoués de 23625 à 23716.

Tous les autres déportés sont acheminés pour être gazés et incinérés dans les fours crématoires. Dans ce convoi de 1 000 personnes où seules quatre hommes survivront, se trouvaient les lorientais Wolf Zelikovitz et Nicolas Rosenzweig.

Saly Wechsler décède à Auschwitz le 6 novembre 1942.

https://collections.yadvashem.org/fr/deportations/11222161

 

 

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