Mikaël Yaouank (1948-2020)
Chanteur
Co-fondateur du groupe Djiboudjep
Michel Yaouanq, dit Mikaël Yaouank, est né à Lorient le 3 mars 1948.
Au début des années 1970, au moment du renouveau de la musique bretonne avec en chef de file des chanteurs comme Gilles Servat, Glen Mor ou encore Alan Stivell, s'y ajoute Mikaël Yaouanq, chanteur à la voix grave et puissante, qui reprend des chants de marins.
De cette période, le chanteur déclare : Plein de groupes se sont créés. J'étais un des seuls à reprendre des chants de marins. Il y avait toute une bande de copains à Lorient. On m'a présenté Michel Tonnerre (1949-2012), nous sommes devenus potes très vite.
Le nom du groupe, fondé par Tonnerre et Yaouank en 1970, a une explication très simple qu'explique Mikaël Yaouank : À cette époque, nous nous appelions tous Djiboudjep, c'était le surnom donné à un mousse groisillon, Joseph, le p'tit bout d'Joseph, Djiboudjep, quoi.
Aux deux comparses Tonnerre et Yaouank, s'ajoute un autre pilier du groupe Patrick Le Garrec. Plusieurs musiciens participent au groupe sur des périodes plus ou moins longues : le violoniste Philippe Berthonneau (1975-1979, 1990-2008), Gérard Bono et son banjo (1975-1979), Jamie McMenemy au bouzouki (1979-1981), l'accordéoniste Étienne Grandjean (1980-1985), le violoniste et bassiste Pierrick Lemou (1981-1985), l'accordéoniste Gilles Beuzet (1985-1989), le guitariste Dik Banovich (2010-2013). En outre, Alain Pennec, joueur de flûte et de bombarde se retrouve sur le premier 33 tours du groupe et en 1994, le guitariste Serge Danet du groupe Soldat Louis, enregistre avec les Djiboudjep.le groupe compte également comme anciens membres : Gille Le Tennier, Joël Bouquet, Jean-Marie Sakhidis et Lulu Longnon.
À ses débuts, pour leurs premières scènes, le groupe se produit chez leur copain Alain Beudeff, dans la taverne Ti Beudeff qu'il vient d'ouvrir, à quelques mêtres du port de l'île de Groix. Leur répertoire sera composé de chants de marins traditionnels qu'ils collectent comme Le pont de Morlaix ou encore ceux qu'ont noommé les bancs, et des textes de Michel Tonnerre. Mikaël déclare le 4 mai 2007 au journaliste de Ouest-France Jérôme Gazeau, après environ 35 ans de carrière, que le groupe avait un côté fainéant avec à la louche six enregistrements pour une centaine de chanson.
Durant sa carrière, Yaouank sort deux albums en solo, reprennant principalement des reprises du répertoire traditionnel (Fanny de Laninon, Le grand coureur, Jean-François de Nantes, A Lorient la jolie, La Danae...) mais avec la participation des acolytes du Djiboutjeb Groupe. Sur son premier album solo qui sort en 1974 sous le nom de Chants de marin, se trouve la chanson Quinze marins écrite par Michel Tonnerre. Cette chanson devient en Bretagne, l'un des chants de marins les plus connus. Tonnerre écrit écrit aussi pour lui, les chansons Satanicles et la Galère.
Dès l'arrivée du festival des Cornemuses à Lorient, le groupe y participe. Au total, le groupe est présent à 49 éditions du FIL jusqu'en 2019. En cloture d'une nuit magique qui a alors lieu dans l'avant-port, Mikaël et Michel saute à l'eau au moment de la chanson finale Jean-François de Nantes : [...] il y avait une chorale qui était derrière nous, qui continuait à chanter, et nous on nageait, ça c'était fantastique, fantastique et c'etait dans les 10 jours c'était 2 fois et personnes ne s'attendait à ça, si bien qu'il a fallu que la deuxième fois on resaute à l'eau, ca c'est sans déconner, on nageait, et on nageait, et ces gens et nous, c'était trop. En Sachant que tout de suite après on jouait au pub tu vois ! Alors On était trempé tout, yeah, super ! [...] Extrait d'une interview réalisée par Maël Le Guennec sur la radio France Bleue avec son acolyte Michel Tonnerre.
En tant qu'invité récurent de la diaspora bretonne (festival du chant de marin de Paimpol, Fêtes maritimes de Brest, Fêtes maritimes de Douanenez...) et des festivals internationaux, le groupe va parcourir le monde (Québec, Allemagne, Suisse, Belgique, Sicile, Espagne, Hollande, Guyane...).
Mikaêl Yaouank a une explication très simple sur le fait que le public reprenne à chaque fois, avec le même enthousiasme les chansons du groupe en cœur lors des concert : [...] pas scotché mais je dirais normal parce que ça fait 40 ans qu'on fait les mêmes chansons, parce que figure toi c'est que Michel Tonnerre qui est à côté de moi là, il n'écrit plus pour nous ! [rire) Dans un éclat de rire, il conclue : il a changé de style et ça ne colle plus à Djiboudjep, mais on va aller voir ça hein ! [...] Extrait d'une interview réalisée par Maël Le Guennec sur la radio France Bleue avec son acolyte Michel Tonnerre.
Michel Tonnerre qui à partir de 1992, se lance dans une carrière solo, se produit à nouveau avec le groupe en mai 2007 à Larmor-Plage où pour l'occasion, Étienne Grandjean et Pierrick Lemou reviennent également, en plus d'autres musiciens invités ou encore de la présence sur scène d'amis (Gérard Bono, Alain Beudeff...).
Après quarante années d'existence, le groupe à enregistré une dizaine de disques et en 2006, Coop breizh comptabilise alors 33 000 exemplaires écoulés. Les trois derniers membres du groupe sont Mikaël Yaouank, Nicolas Le Rallic et Guillaume Yaouank. Guillaume, neveu de Mikaël, rejoint le groupe en 2008. À l'orée de célébrer les 50 ans du groupe, Étienne Grandjean et Pierrick Lemou rempilent. En novembre 2019, le groupe participe à Rennes au plus grand fest-noz de Bretagne lors du festival Yaouank
En 2020, le mythique groupe lorientais de chants de marins préparait pour ses 50 ans, lors de la 50e édition du Festival Interceltique de Lorient, un concert rétrospectif, comme un jubilé qui n'aura malheureusement pas lieu.
Mikaël Yaouank décède le 5 juin 2020 à Larmor-Plage.
À son décès, Michel Kemper écrit : Si, en terres intérieures, le nom et le prestige de Mikaël Yaouank peut vous être inconnu, ça ne peut être que par pure distraction, ou cause à pléthore d’autres chansons qui obturent votre esprit, vos oreilles. C’est un immense bonhomme qui vient de tout juste disparaître. Le vent marin n’a pas fini d’à son tour chanter ses louanges en tentant, s’il le peut, de retrouver son juste timbre, son entrain, son talent.
Martine Guilcher, journaliste pour France Info dit du chanteur : Il est l’artisan infatigable du revival du chant de marins en Bretagne.