Najac (de) Émile


Émile, Fernand de Najac (1828-1889)
Comte de Najac
Homme de lettres

Émile de Najac, homme de lettres aussi connu sous le pseudonyme d'Antoine de Nantes, vice-président de la société des auteurs dramatiques, décède le 11 avril 1889 à Paris dans le 9e arrondissement. De nombreuses personnalités de l’époque comme l’auteur dramatique Victorien Sardou, les poètes Camille Doucet et Henri de Bordier, le compositeur Léo Delibes, le romancier Frédéric Halévy et une foule nombreuse assistent le 13 avril à ses obsèques religieuses en l’église Notre-Dame de Lorette à Paris. Après le service funèbre, le convoi s’achemine lentement vers le cimetière de Montmartre, où il est inhumé. Au nom de la Commission des Auteurs et Compositeurs dramatiques, son ami Henri de Bordier, lui rend un dernier hommage : Le théâtre fut sa constante préoccupation, sa joie et en quelque sorte sa vie naturelle. Il souligne la modestie de l’auteur et sa bonté naturelle il fut supérieurement bon, sans réserve comme sans efforts, en homme qui aime à faire le bien comme à le voir et lui exprime notre profonde estime pour cette bonté de son cœur, pour la franchise de sa parole, pour l’urbanité de ses conseils, pour la fermeté de son rare bon sens, pour l’honorabilité de sa vie. C’est tout cela qui fait qu’on est pleuré comme l’on fut aimé.

Émile de Najac est né le 14 décembre 1828 à Lorient, de Hippolyte de Najac, propriétaire, officier de marine en retraite, chevalier de Saint-Louis et d’Eugénie, Louise Le Déan. Après ses études à Paris, il se lance dans la littérature et compose dès 1853 de nombreuses comédies et livrets d’opéra qui rencontrent le succès. Sa carrière est lancée et le nom d’Émile de Najac s’étale sur les affiches des spectacles parisiens. Il en profite pour épouser le 25 avril 1855 à Paris, Louise, Élisabeth Mahérault (1834-1908). Le 14 février 1856, elle donne naissance à Paris (2e arrondissement) à un garçon prénommé Raoul. Doté d’un héritier, Émile de Najac poursuit son ascension littéraire et la plupart de ses œuvres rencontrent le succès comme Une soubrette de qualité en 1854, Deux veuves pour rire en 1855, La poule et ses poussins en 1861. Il collabore également avec de nombreux auteurs dont Edmond About (1828-1885), Édouard Martin (1825-1866), Alfred Hennequin (1842-1887), Paul Ferrier (1843-1920), Victorien Sardou (1831-1908) avec qui il écrit Noces de Fernande en 1878 et Divorçons en 1883, pièce qui rencontre un délirant accueil de la part du public et qui figure toujours au répertoire du théâtre français.  C’est un auteur prolifique au répertoire impressionnant et sa renommée est grande. Mais en pleine gloire, le célèbre auteur dramatique auquel la scène française doit tant de comédies charmantes d’après la presse parisienne décède le 11 avril 1889 âgé de 60 ans. En 1908, son épouse le rejoint pour l’éternité au cimetière de Montmartre. Le 23 décembre 1925, le conseil municipal de Lorient (maire Emmanuel Svob) donne le nom d’Émile de Najac (vaudevilliste de la fin du XIXe siècle dont les succès au théâtre ont été grands[1] ) à une rue de la ville.

Son fils Raoul, décède le 25 mai 1915 à Pont-L’Abbé dans le Finistère. Il demande à être incinéré et ses cendres sont déposées dans la tombe familiale de la famille de Najac, au cimetière du Père Lachaise à Paris. Propriétaire d’une partie de l’île Chevalier à Pont-L’Abbé dans le Finistère, ce grand bourgeois et aristocrate parisien, maire de Pont-L’Abbé entre 1894 et 1900, qui se déplace dans la capitale du Pays Bigouden à dos de chameau, n’a pas hérité de la discrétion de son père.

Texte de Patrick Bollet


[1] Archives de Lorient. 1D111.

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